Full text: Le problème de la marine marchande

LA PUISSANCE MARITIME UE l’aNGLETERRE. 2i5 
Gi steamers jaugeant 187,000 tonnes; les chantiers de Phi 
ladelphie et de Port-News, sur la baie de Chesapeake, ont 
pour cent millions de commandes au nom de VIron Works 
Union de San-Francisco ; à New-Loiidou, les chantiers de 
VEaston Shipbuilding Company construisent, entre autres 
navires, deux steamers de 33,000 mètres cubes chacun, des 
tinés à la navigation du Pacifique; les autres chantiers sont 
en plein essor et accroissent extraordinairement leur pro 
duction; la spéculation américaine forge fébrilement les ins 
truments de transport qui lui sont nécessaires pour ravir le 
marché universel à la métallurgie et à l’industrie anglaises. 
Ce n’est pas tout ; comme la flotte liritaimique a une trop 
grande avance pour être aisément atteinte, dans leur désir 
d’aller plus vite, de déposséder à bref délai l’Angleterre de 
cette royauté maritime qui leur pèse, les capitalistes améri 
cains achètent à coups de millions de grandes lignes an 
glaises— \i\ Leyland, qui fait le commerce de la Méditerranée 
et de l’Atlantique du Nord, le Red Star, VAtlantic Transport 
Company, etc. — et les emploient aussitôt au succès de leurs 
formidables trusts. 
Napoléon avait prévu la lutte commerciale et maritime 
que le siècle naissant voit engagée entre les États-Unis et 
l’Angleterre. S’expliquant sur la vente de la Louisiane qu’il 
avait cédée à Jefferson, moyennant 76 millions de francs, il 
écrivait dans le Mémorial de Sainte-Hélène : « Cette cession 
assure à jamais la puissance maritime des États-Unis. Eu 
agissant comme je l’ai fait, j’ai suscité à l’Angleterre une 
rivale qui tôt ou tard lui ravira le sceptre des mers et humi 
liera son orgueil. » 
L’Angleterre ne se laissera pas arracher son sceptre sans 
combat ; si un prochain et menaçant avenir l’oblige à tenir 
tète au gigantesque effort des États-Unis en même temps 
qu’à la méthodique poussée allemande, elle recherchera.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.