LE PROTJLKME DÊ LA MARINE MARCHANDE.
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forte de son immense puissance maritime, dans nn étroit
rapprocliement avec ses colonies les moyens de maintenir
sa domination. Elle ira, s’il le faut, jusqu’à une révolution
■économique !
Les chambres de commerce — celles de Birmingham no
tamment — poussent à la substitution d’un régime de pro
tection au régime du libre-échange : « Il faudrait établir,
disent-elles, entre toutes les colonies et la métropole une
sorte d’union douanière comparable au allemand.
On supprimerait toutes les douanes intérieures d’une colo
nie à l’autre ou des colonies à la métropole et l’on rétabli
rait une douane intérieure contre les produits étrangers.
Nous donnerions ainsi aux colonies le monopole de notre
marché pour leurs matières premières. Elles nous donne
raient le monopole de leurs marchés pour nos manufactures
et nos produits ouvrés. » Le ministre Chamberlain pro
clame, de son coté, la nécessité d’établir à jamais l’unité de
l’empire « sur la base des intérêts matériels ». Bref, l’Angle
terre semble s’acheminer vers une transformation complète
et profonde de sa législation douanière.
Etroitement liée au commerce et à l’industrie, dont elle
assura et de qui elle reçut la fortune, la marine marchande
anglaise subira, cela n’est pas douteux, le contre-coup direct
de cette transformation. Longtemps, elle fut la dominatrice,
la suzeraine indiscutée des mers ; elle l’est encore, mais
d’autres temps semblent naître pour elle. Fatiguées de leur
vasselage à son égard, les nations prétendent s’en affranchir
et supprimer tout intermédiaire entre elles et leur clientèle.
Notre pays se confinera-t-il dans son rôle d’éternel tributaire
ou suivra-t-il l’exemple viril que lui donnent l’Allemagne et
les États-Unis?
«Il y a de nombreux empêchements à une parfaite entente
entre nos deux nations », écrivait Charles II à Louis XIV;