*
* *
LI: PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
276
ses bords, sans ôire escarpés, forment une succession d’on
dulations naturelles dont le terrain maigre se vét d’un gazon
rare et poussant comme à regret. Partout où l’ondulation
s’abaisse, un chantier, une usine se hâtent d’occuper les rives;
mais, comme l’espace leur est sur celles-ci trop mesuré, les
établissements industriels escaladent les collines voisines, s’y
installent et, ne pouvant dégringoler la jiente abrupte qui
mène à la rivière, jettent, à leur niveau, d’immenses esta-
cades qui vont chercher la marchandise, à l’aide de grues
puissantes, dans les flancs du vaisseau accosté au-dessous
d’elles, ou viennent déverser dans sa cale, par le même
moyen, les objets manufacturés et les produits fabriqués.
Les chantiers de constructions navales de la Tyiie sont
nombreux : sur la rive droite de la rivière, nous passons —
je cite les plus connus — devant les établissements de
MM. Wood, Skinner et C°, W. P. Huntleys, Hawthorn,
Leslie et C°, Stephenson et C°; nous cotoyons l’immense
usine Palmer, la plus fameuse de la Tyne après celle d’Arms
trong. Une quantité de cheminées s’érigeant au-dessus du
terrain bouleversé, des amoncellements de bois et de fer, de
vastes hauts fourneaux éclairés de lueurs puissantes — et la
vision de l’établissement Palmer s’efface...
Sur la rive gauche, les chantiers, moins gênés par le terrain,
ont pu s’installer plus nombreux encore: longeant les sinuo
sités de la Tyne, de vastes shipyards dressent la forêt de
leurs mâts et de leurs bers, et montrent les carcasses d’im
menses navires inachevés : les chantiers de MM. W. Dobson
et C'®; la succursale à Walker de l’établissement de sir
W. Armstrong, AN’hitworth et C‘® ; les ateliers et chantiers de
MM. Wigham Richardson et G'®, de MM. Swan et Hunter se
succèdent ainsi à une courte distance.