Full text : Le problème de la marine marchande

LA  QUESTION  OUVRIERE.  3ll
ciii([  années  à  rexjiiration  desquelles  il  devient  ouvrier
Qourner/mari).  Il  arrive  parfois  (jii’à  Tissue  de  cette  ¡lériode
certains  apprentis,  se  jugeant  insuffisamment  instruits  dans
leur  métier,  accomplissent  un  supplément  d’initiation,  Vimjiroving,
  qui  dure  deux  années.  Lorsqu’il  a  acquis  enfin
la  qualité  de  journeijman,  l’apprenti  reçoit  de  V  Union  des
shipbuilders  and  boilermakers  —  syndicat  englobant  la
presque  totalité  des  ouvriers  de  la  construction  navale  —
un  certificat  attestant  ses  capacités  de  shipbuilder.
L’apprenti  débute  avec,  par  semaine,  une  paie  de  4  shillings, ­
  ([ni  s’élève  à  11  et  i4  shillings  pendant  la  dernière
année  ;  comme  improver,  sou  gain  peut  atteindre  jusqu’à
i()  shillings  par  semaine.
Il  n’est  pas  douteux  ([ue  les  conditions  dans  lesipielles
s’accomplit  cet  ap[)rentissage  contribuent  à  former  d’excellents ­
  ouvriers  ;  grâce  à  lui,  les  qualités  d’ordre  et  de  nu;-thode
  qui  caractérisent  l’ouvrier  anglais  se  développent  et
se  fortifient  puissamment.  Les  ¿>o//e/7??«/rer5  ne  veulent  parmi
eux,  dans  leur  coiqioration  très  fermée,  (|ue  d’adroits  et  soigneux ­
  travailleurs.  Je  sais  bien  ipie  ce  n’est  pas  seulement
[lar  fierté  professionnelle,  et  qu’en  agissant  ainsi  les  boilermakers ­
  se  [iréoccupent  essentiellement  de  pouvoir  dicter  au
jiatron  des  conditions  qu’il  acceptera  d’autant  plus  sûrement
(ju’il  é[)rouve  davantage  la  nécessité  d’avoir  des  ouvriers  de
choix.  Mais  il  n’en  reste  pas  moins  que  le  résultat  poursuivi
est  atteint  :  la  puissante  organisation  syndicale  des  ouvriers
de  la  construction  navale  anglaise  agglomère  un  [lersonnel
de  premier  ordre.  Elle  pousse  le  souci  de  sa  bonne  réputation ­
  jus([u’à  assumer  la  responsabilité  [lécuniaire  des  malfaçons ­
  commises  par  certains  de  ses  membres,  jusqu’à  réparer
le  préjudice  ([u’ils  auront,  par  maladresse  ou  inattention,
causé  à  la  caisse  patronale  —  en  remboursant  par  exemple
le  prix  de  matériaux  gâchés  par  eux.
            
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