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LE PROHLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
capital et du travail. M. Sombart('), dans nue étude pénétrante
des tendances et des aspects divers du mouvement
social en Europe an xix® siècle, marcpie avec précision les
caractéristiques qui diiTérencient, dans le mouvement ouvrier,
le « type anglais » du type français. D’après lui, le premier
se distingue essentiellement par son caractère non politique,
purement syndical et économiipie. Le trait distinctif du second
est ce (pie M. Sombart apjielle le (( révolutionnarisme »,
la foi dans les grands mouvements politiques, qui semblent
au prolétariat franç lis constituer le grand levier de l’évolution.
C’est aux mêmes conclusions qu’aboutit dans son étude
comparée du tempérament français et anglais un des philosophes
qui honorent le plus les lettres françaises contemporaines,
M. Alfred Fouillée (^). Il oppose à l’esprit français,
épris d’idées générales et généreuses, essentiellement « humanitaires
», plus spéculatives ipie pratiques, au sic vos non
vohis qui a toujours été la devise de ce peuple, apôtre né du
droit universel et de la fraternité universelle, l’esprit empirique
et pratique de l’Anglais qui songe beaucoup plus à
lui-méme qu’à l’humanité. M. Fouillée observe (jue les ouvriers
memes, eu Angleterre, quand ils demandent des i éformes,
s’en tiennent d’ordinaire à eux, à leurs camarades,
à leur atelier, à leur cité et songent rarement à généraliser;
les questions demeurent pour eux locales, « au lieu de deviinir
comme pour l’ouvrier français non seulement des (pieslions
sociales, mais môme, plus généralement encore, la
(piestion sociale ». L’Anglais ne demande pas plusieurs
choses à la fois, plusieurs libertés ou plusieurs réformes. Sa
conduite s’inspire du fameux dicton : « Un tiens vaut mieux
que deux tu l’auras. » Très justement, M. Fouillée observe :
(i) Le socialisme et le mouoement social au xix« siècle, par Werner Sombart, professeur
à l'Université de Breslau.
(a) V. L’Idée moderne du droit et la France au point de vue moral, par Alfred l'ouillée.