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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
par semaine (ils travaillent, me dit-on, beaucoup plus rapi
dement que leurs collèçjues français).
Les autres corps de métiers non compris dans les cinq
catégories plus haut indiquées de shipbuilders^ mais qui
travaillent aussi à la construction navale, obtiennent égale
ment, bien que payés à la journée, des salaires assez élevés.
Pour donner aux cliilfres qui précèdent toute leur signili-
cation, il convient d’observer que la durée totale du travail
par semaine n’excède pas 54 heures en moyenne ; il est des
chantiers où elle ne dépasse pas 53 heures. La diminution
des heures de travail a toujours été une des réformes pour la
réalisation desquelles les unions ont le plus énergiquement
lutté. Outre que par principe l’ouvrier anglais ne travaille
jamais, dans aucune industrie, le dimanche, il est parvenu,
désireux d’avoir une partie du jour précédent pour se dis
traire et se reposer, à obtenir que le travail hebdomadaire
cessât le samedi dès midi ou une heure. Cela met la journée
de travail, pour une semaine de 54 heures, à un peu plus
de 8 heures. On sait que l’ouvrier anglais ne considère pas
cette diminution comme suffisante et qu’un des principaux
articles du programme de ses revendications est la journée
de huit heures, déjà obtenue d’ailleurs en beaucoup d’éta
blissements industriels ou autres (’).
(i) Dans leur récent et très remarquable ouvrage. Industrial Democracy, qui fait
suite A leur Histoire du Trade-Unionisme, M. et Webb consacrent à celte question
de la journée de travail une note résumant l'iiistorique de la question et dont j’extrais
les intéressants passages que voici : « Lorsque, en iSji, la journée de neuf heures fut
conquise par les mécaniciens et les ouvriers du bâtiment, cela prit la forme de la jour
née de onze heures avec une heure et demie pour le repas, pendant cinq jours, et la
journée de six heures, moins une demi-heure pour le déjeuner, le samedi; ainsi,une
semaine de .'>4 heures avec la liberté le samedi à une heure de l’après-midi (bien entendu
jusqu’au lundi matin). En iSgo, les mécaniciens de la Tyne, désirant une demi-journée
plus complète le samedi, demandent et obtiennent la "liberté à midi (une semaine de
53 heures, c’est-à-dire déjà un peu moins de neuf heures). Dans la grande revision
générale des heures de travail pour l’industrie du bâtiment de Londres, en 189a, la se
maine fut fixée à 5o, 47 et 44 heures, suivant la saison, réalisant ainsi une moyenne de
48 heures ijñ, avec la demi-journée libre le samedi.
« C’est déjà, comme on le voit, la journée moyenne de huit heures. Finalement, nous
avons l’adoption, entre i88g et i8gy, de la Journée de huit heures dans plus de cinq cents
établissements, comprenant les ouvriers des docks et ateliers gouvernementaux, à peu
près tous les ouvriers municipaux du gaz, et la majorité des établissements de métal
lurgie et de reliure de Londres, avec des établissements isolés sur toute la surface du
pays. »