Full text : Le problème de la marine marchande

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LA  QUESTION  OUVRIÈRE.

Les  cliiiîres  que  j’ai  donnés  jusqu’à  présent,  permettent
au  lecteur  d’apprécier  la  situation  exceptionnellement  favorable ­
  de  l’ouvrier  anglais  de  la  construction  navale  au  point
de  vue  du  salaire.  Avant  de  mettre  en  regard  de  cette  situation ­
  celle  de  l’ouvrier  français  de  la  meme  industrie,  et  pour
donner  plus  de  précision  à  la  comparaison,  je  crois  utile  de
reproduire,  d’après  les  publications  mêmes  du  Board  of
Trade,  le  tableau  du  taux-étalon  des  salaires  —Standard
rate  of  wages  —  íixé  à  la  date  du  i"  janvier  1900  par  l’accord ­
  des  patrons  et  des  représentants  des  diverses  catégories
d’ouvriers  travaillant  à  la  construction  navale  et  affiliés  soit
à  l’Union  amalgamée  des  mécaniciens,  soit  à  la  Société  des
boilermakers  and  shipbuilders.  Mais  je  dois  faire  au  préalable ­
  cette  observation  essentielle  que  les  salaires  indiqués ­
  dans  ce  tableau  ne  sont  pas  les  salaires  réels  ;  le  Standard ­
  rate  of  wages,  ou  «  taux  de  salaire  qui  sert  d’étalon  »,
ne  peut  pas  d’ailleurs  prétendre  donner  le  reflet  exact  de
la  réalité,  puisqu’il  assigne  un  chilTre  fixe  de  salaire  à  des
ouvriers  qui  travaillent  aux  pièces  ;  la  vérité  est  (pie,  comme
son  nom  l’indique,  le  Standard  rate  n’est  qu’un  tableau  de
SALAIRES  MINIMUM  :  il  représente  le  minimum  de  ce  qu’un  ouvrier ­
  doit  gagner  pendant  une  semaine  de  53  ou  54  heures  ;
le  tôlier  par  exemple,  dont  il  fixe  le  salaire  hebdomadaire  à
52  fr.  4o  c.,  gagne  normalement  3  livres  sWrIing,  soit
75  fr.  ;  les  chiffres  de  ce  tableau  ne  sont  donc  que  des  approximations ­
  et  ne  font  (pie  mar(¡uer  un  étiage  au-dessous
duquel  le  salaire  ne  peut  pas  descendre,  au-dessus  diKjuel
il  s’est,  en  réalité,  toujours  élevé.
Mais  même  en  le  prenant  tel  qu’il  est  —  le  lecteur  trouvera
ce  tableau  à  la  page  suivante  —  nous  allons  pouvoir  constater ­
  la  différence  notable  qui  sépare  au  point  de  vue  de  leur
rétribution  les  ouvriers  anglais  des  ouvriers  français.
            
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