Full text : Le problème de la marine marchande

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LE  PROIJLKME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

est  un  maximum  qui  n'est  pas  toujours  atteint.  Dans  les
chantiers  de  la  Loire,  à  Saint-Nazaire,  le  salaire  moyen  est
de  3  Ir.  90  c.  et  s’augmente  semblablement  de  primes  supplémentaires ­
  de  i5  à  3o  p.  100,  suivant  la  nature  du  travail.
Il  me  paraît  inutile  de  multiplier  les  exemples  et  de  pousser ­
  plus  loin  la  comparaison  des  salaires  ouvriers  dans  les
industries  anglaise  et  française  des  constructions  navales.  On
peut  dire  que  d’une  façon  générale  la  journée  d’un  habile
ouvrier  français  ne  dépasse  pas  8  fr.,  sauf  dans  quelques  cas
tout  à  fait  particuliers  de  marchandage,  où  elle  peut  atteindre
10  fr.  Nulle  part,  en  France,  nous  ne  rencontrons  ces  salaires ­
  considérables  dont  bénéficie  l’ouvrier  des  chantiers
anglais.  Et  l’on  peut,  en  conséquence,  formuler  cette  affirmation ­
  indiscutable  que  ce  n’est  pas  la  cherté  de  la  maind’œuvre
  qui  détermine  la  supériorité  des  prix  des  constructeurs ­
  français  sur  ceux  de  leurs  concurrents  d’Angleterre.
Ainsi,  de  l’examen  ampiel  nous  avons  soumis,  dans  les
deux  pays,  cette  question  de  l’influence  de  la  main-d’œuvre
sur  l’état  de  l’industrie  des  constructions  navales,  il  résulte
nettement  qu’en  France  les  deux  grandes  conditions  d’infériorité ­
  de  cette  industrie  —  surélévation  des  prix  et  moins
grande  rapidité  de  la  construction  —  ne  sont  pas  dues  à  la
situation  spéciale  du  personnel  ouvrier.  D’une  part,  en  effet,
la  rétribution  de  ce  dernier  n’est  pas  une  cause  de  surcharge
pour  les  constructeurs  français  et  n’explique  pas  la  cherté
de  leurs  prix.  Et  d’autre  part,  l’habileté  professionnelle  et  le
rendement  du  travail  de  l’ouvrier  français  —  aussi  exercé,  à
peu  de  chose  près,  que  le  shipbuilder  anglais  —  écartent  de
lui  la  responsabilité  des  lenteurs  apportées  par  nos  chantiers
dans  l’exécution  et  la  livraison  de  leurs  commandes.  Pour
n’étre  pas  aussi  méthodicjue  dans  son  travail  et  aussi  prompt
dans  sa  mise  en  train  (pie  son  camarade  d’outre-Manche,
l’ouvrier  français  n’en  est  pas  moins  —  ainsi  (pie  me  le  con-
            
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