LE PROBLEM': DE LA MARINE MARCHANDE.
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et reliés par des voies naviçjables à tout, Tarrière-pays dont
le trafic les alimente, en ont bénéficié dans de larges pro
portions.
Le résultat de ramélioration du régime des fleuves et de
la construction des canaux en Allemagne s’est traduit par
des cliilTres qui font réver.
Entre i8y5 et iSgb, le mouvement des marchandises sur
les voies navigables de l’Allemagne s’est relevé de 2 mil
liards (joo millions Q') à 7 milliards 5oo millions de tonnes
kilométriques, soit une augmentation de i5g p. 100.
De 189,5 à 1898, il a monté à 10 milliards 700 millions
de tonnes, soit une nouvelle augmentation de 43 p. 100.
Quant aux chemins do fer, loin d’étre affectés par cet
accroissement énorme du trafic des canaux, ils voyaient leur
transit, (pii était en 187.5 de 10 milliards environ, passer à
32 milliards 600 millions de tonnes !
De pareils résultats donnent à l’empereur Guillaume une
force singulière pour réclamer un nouvel et décisif effort
dans le même sens. .le me suis trouvé, à diverses reprises,
en présence du souverain allemand ; le souvenir profond
m’est resté de son allure volontaire, de sa parole domina
trice et brève. Ceux qui le prennent pour un « exalté » et un
« maniaque » le jugent mal, je crois. Son exubérance appa
rente dissimule les calculs d’un esprit résolu et méthodique.
11 a conçu le grandiose projet de réunir, par le Mittelland
Kanal et la jonction du Main au Danube, l’ensemble de
tous les fleuves allemands. Dût-il y consacrer des années et
briser les plus sérieux obstacles, on peut être certain qu’il
le réalisera.
Le nouveau projet de loi qui vient d’être repoussé par le
Landtag, mais qui sera tôt ou tard adopté, prévoit une dé-
(i) Rapport de M. Cor, consul général de France à Hambourg, 4 février 1901.