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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Ainsi, quand le toniiaqe brui à vapeur d’une qrande na-
lioii comme l’Allemaque, et de petites nations, comme la
Norvèqe et le Danemark, se trouve de 187^ à 1900 décuplé,
le nôtre, dans la môme période de temps, a triplé à peine.
En 1890, l’elTectif olTiciel de la marine marchande fran
çaise était de 10,111 navires jauqeant 944,016 tonneaux nets;
au i®'" janvier 1900, ce môme effectif était de 16,489 navires
jauqeant net 967,766 tonneaux. Eu dix ans, il ne s’est auq-
menté que de i3,ooo tonneaux, malqré l’expansion indus
trielle si qrande qui s’est produite durant cette période, l’ou
verture des marchés lointains et le développement qénéral
de la production et de la consommation qui l’ont signalée.
Nos proqrès ne supportent pas un parallèle, tant ils sont
pénibles et lents, avec l’élan véritable qui se manifeste à
l’étranqer. Sont-ce même des proqrès !
L’Allemaqne notamment — reconnaissons-le à sa louam;e
— a su nous donner en ces dernières années un admirable
exenq)le de volonté et de ténacité. On sait en quel état pré
caire se trouvait sa flotte commerciale avant et même après
1870; qu’on l’examine maintenant! Jamais transformation
ne fut plus soudaine, plus rapide, plus profonde. Dans les
maqistrales études qu’il vient de publier sur cette marine
M. Édouard Lockroy nous montre la qrandeur de l’effort
accompli :
« La marine allemande, écrit-il, se répand sur le momie ;
elle montre son pavillon dans toutes les mers. Un fait, assez
inconnu, je crois, peut donner une idée de sa puissance
d’expansion : Goo à 700 caboteurs allemands font aujour
d’hui le service entre les Indes, le Japon et la Chine (').
(i) Los mers de Chine sont couvertes de navires allemands dont la majeure partie
appartient anx deux grandes compagnies Uambnnj-Amerika et Norddeutscher Lloyd.
Aussi la concurrence allemande tait-elle des progrès considérables en Extrême-Orient
sur l’industrie et le commerce anglais. Le Gouvernement anglais vient de publier un
Blue Book relatif au Siam et aux Straits settlements. Ce recueil constate que l’impor-