L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
nous permet pas de savoir ci ceci a réussi ; peut-être fut-ce le cas
pour quelques points ; et les autres furent-ils alors tranchés par un
jugement. Celui-ci fut sans doute rendu en faveur d’Akraiphée; on peut
le conclure des fortes louanges, que celle-ci adresse aux juges. Larisse
qui avait envoyé les juges est honorée elle-même par des remercie
ments, une colonne de bronze et une couronne d’or ; chacun des
juges est honoré de la même manière ; le secrétaire l’est par un re
merciement et une couronne d’or. Les juges et le secrétaire reçoivent
en outre le droit de cité, le titre héréditaire de proxenos et bien
faiteur, avec les privilèges y attachés. Avant qu’ils ne quittassent
Akraiphée, on donna en leur honneur un banquet dans l’Hôtel de
Ville.
La difficulté surgit avec la fixation de la date de cette inscription.
Holleaux 1 la place à l’époque qui suit immédiatement 146, par
conséquent au commencement de l’époque romaine. Il trouve, il
est vrai, singulier que cette affaire d’arbitrage ait pu avoir lieu
pendant que le pays était sous la domination romaine, sans qu’un
seul mot fasse allusion à Rome, ou aux Romains. Quand il se
croit cependant obligé de maintenir cette date, c’est qu’il se base
sur deux considérations. D’abord, l’inscription est rédigée en
dialecte commun, et non en dialecte béotien ; et ceci n’aurait
pu avoir lieu pour Akraiphée qu’à partie de la dernière partie du
II e siècle. Le second point est que les juges sont originaires d’un
endroit situé hors de la Béotie, ce qui devrait prouver que la
Ligue béotienne, qui autrement jugeait elle-même les différends
de ses villes, n’existait pas alors : au II e siècle en effet la Ligue
elle-même avait tranché un différend de frontières entre Akraiphée
et Copée 2 .
La fixation de la date par Holleaux est suivie par Dittenberger 3
et Cauer, 4 bien que tous deux reconnaissent qu’il est difficile d’ex-
1 Bull. d. corr. hell. XIV. p. 43. - * n° XXXIX : "Opia Kœmjcov not 'Axpuyieta,
ópmávTcov Boicoxrâv. - 8 Inscr. Gr. IX, 1, 4130. - 4 Paulys Realencykl. III, 662.
8 — Publ. de l'Inst. Nobel norvégien. I.
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