Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
LXXL
Les  MEGARIENS  ARBITRES  ENTRE  AKRAIPHEE  ET  UNE  VILLE
voisine.  Vers  l’an  150.
En  1900  on  a  publié 1  une  inscription  trouvée  dans  les  ruines  du
temple  de  Zéus  Soter  à  Akraiphée;  elle  contient  une  décision
du  Conseil  et  du  peuple  d’Akraiphée  votant  des  remerciements
et  des  distinctions  honorifiques,  semblables  à  celles  dont  nous  venons ­
  de  parler,  en  l’honneur  de  la  ville  de  Mégare  et  de  trois  juges
en  provenant,  ainsi  que  de  leurs  secrétaires.  Là  aussi  il  s’agissait
sans  doute  de  différends  entre  Akraiphée  et  une  ville  voisine  ;  les
parties  se  sont  mises  d’accord  pour  remettre  l’affaire  à  l’arbitrage  de
trois  juges  envoyés  par  Mégare.  Les  juges  tranchèrent  le  différend  en
question  au  moyen  d’une  transaction  pacifique; 2  on  l’essayait  en
premier  lieu  en  règle  générale.
A  en  juger  par  son  contenu  et  sa  forme,  l’inscription  doit  être
de  la  même  époque  que  celle  dont  nous  venons  de  parler.  Ici
non  plus  on  ne  parle  ni  des  Romains  ni  de  la  Ligue  béotienne.
Cette  nouvelle  découverte  ayant  fait  voir  que  ce  n’était  pas  un
cas  unique  que  les  villes  béotiennes  à  une  certaine  époque  réglassent ­
  leurs  relations  réciproques  par  des  arbitres  empruntés  à  d’autres
villes,  il  devient  encore  plus  douteux  de  reporter  cette  époque  à  la
période  ou  les  Béotiens  étaient  sous  la  domination  romaine.  Il
est  indéniable  qu’il  soit  assez  naturel  de  penser  à  l’époque  qui  suit
la  guerre  de  Persée,  car  il  dut  paraître  très  normal  d’utiliser  ce
procédé  pour  régler  la  situation  confuse  de  la  Béotie  d’alors.  L’éditeur ­
  de  l’inscription,  P.  Perdrizet  dit  que  la  forme  des  lettres  ressemble ­
  complètement  à  celle  de  deux  autres  inscriptions  trouvées
aussi  à  Akraiphée  et  éditées  par  lui 3  ;  mais  l’une  de  celles-ci
doit  en  tout  cas  être  antérieure  à  171,  car  Haliart  y  est  nommée,  et
cette  ville  fut  détruite  en  171  par  les  Romains  sans  jamais  s’en  re-1

  P.  Perdrizet  dans  le  Bull,  de  corr.  hell.  XXIV  p.  74  et  ss.  —  *  ouvéXuoov.  —

Bull.  d.  corr.  hell.  XIII  p.  90  et  94.
            
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