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A. RÆDER
gents étaient nés entre eux. A partir de maintenant on peut parler
d’un système d’états helléniques.
D’autres liens d’une nature plus intellectuelle s’étaient aussi développés
: le culte d’Apollon, l’Oracle de Delphes, l’Amphictyonie
pylæo-delphienne, les jeux olympiques et isthmiques, formaient une
suite de liens entre les différentes sociétés helléniques qui précédemment
en manquaient. Si l’on ajoute à cela les débuts de la littérature,
on comprendra le développement constant de la conscience
d’une culture hellénique propre et d’une véritable unité. De même
qu’à partir de cette époque nous pouvons parler d’un système d’états
hellénique, de même pouvons nous aussi parler d’un droit international
hellénique véritable.
Si l’on fait attention aux questions qui furent résolues à cette
époque par la voie arbitrale on remarquera aussitôt que, au point
de vue des états d’alors, il ne s’agissait pas là d’affaires de petite
importance. Tout au contraire c’étaient des questions qui avaient
un intérêt politique et économique considérable. Derrière le différend
d’Athènes et de Mytilène au sujet de Sigéion se dissimule en
réalité la question considérable de savoir qui aura la prépondérance
sur l’Hellespont. La possession de l’île de Salamine était exactement
une question vitale aussi bien pour Athènes que pour Mégare ;
seule la puissance qui possédait cette île pouvait avoir une position
certaine dans le golfe Saronique et dans les parties avoisinantes de
la mer Egée. Pour ce qui a trait au différend sur Platée on doit remarquer
qu’il subsista à travers les temps comme le point central
des accords permanents qui existaient entre Athènes et Thèbes.
Quand on en vient à la réalité on doit reconnaître que dans l’histoire
de l’arbitrage on ne peut citer aucune question d’une importance
relativement plus grande pour les parties en cause qui ait été
tranchée par la voie arbitrale, que les trois affaires que nous venons
de citer de cette période de l’histoire hellénique. Ceci ne vise pas
seulement l’histoire de l’arbitrage hellénique, mais aussi toute application
de l’arbitrage dans les temps ultérieurs. Si nous connais-