Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
de  l’affaire  eût  lieu  par  un  combat  singulier  entre  un  certain
nombre  d’Argiens  et  de  Spartiates.
La  cinquième  affaire  d’arbitrage  date  de  410  et  a  trait  au  long
différend  de  frontière  existant  entre  les  deux  villes  siciliennes  de
Ségeste  et  de  Sélinonte  \  Lorsque  Ségeste  offrit  à  Sélinonte  de  faire
trancher  le  différend  par  Syracuse  choisie  comme  arbitre,  Sélinonte
repoussa  la  proposition  de  sorte  qu’il  n  en  résulta  aucun  arbitrage.
Comme  on  le  voit,  les  essais  connus  de  faire  trancher  par  la  voie
de  l’arbitrage  compromissoire  des  différends  entre  des  états  du  monde
hellénique  complètement  indépendants  ne  conduisirent  pas  au  V e
siècle  à  des  résultats  pratiques  sérieux.  Les  conditions  pour  1  application ­
  de  cette  sorte  d’arbitrage  ne  sont  plus  aussi  favorables  pendant ­
  la  vraie  période  de  grandeur  de  l’Hellade  qu  elles  1  avaient  été
pendant  la  période  précédente.
Les  guerres  Perses  avaient  amené  une  perturbation  dans  le  système
d’équilibre  que  nous  avons  vu  régir  l’Hellade  dans  les  deux  siècles
précédents.  On  ne  se  trouve  plus  comme  précédemment  en  face  d’une
pluralité  d’états  dont  on  peut  justement  dire  qu’ils  formaient  un
système  d’états  s’appuyant  en  quelque  façon  l’un  sur  l’autre.
L’évolution  extérieure  et  intérieure,  politique  et  matérielle  a  conduit
à  ceci  qu’Athènes  et  Sparte  se  sont  élevées  à  une  situation  prépondérante ­
  bien  au  dessus  des  autres  puissances  comme  Thèbes,
Corinthe,  Argos,  Egine,  Mégare  et  Sicyone.  Sparte  pendant  cette
évolution  est  devenue  la  tête  de  la  tendance  Dorienne  aristocratique,
et  Athènes  représente  la  tendance  Ionienne,  démocratique  et  plus
libérale.  Autour  de  ces  deux  grandes  puissances  se  groupent,  plus
ou  moins  volontairement,  la  plupart  des  autres  états  de  sorte  que
chacun  d’eux  se  trouva  entouré  d’une  série  d’états  alliés  qui  reconnaissaient ­
  respectivement  l’hégémonie  de  Sparte  et  d’Athènes.
Il  va  de  soi  que  cette  circonstance  que  la  plupart  des  états  grecs
appartenaient  à  l’une  de  ces  grandes  hégémonies,  devait  contribuer
1  n°  XV.
            
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