Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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A.  RÆDER

ville  grecque  de  Tárente,  avant  le  premier  choc  il  envoya  aux  Romains ­
  un  héraut  pour  leur  demander  1  s’ils  ne  désiraient  pas  régler
leurs  différends  avec  les  Tarentins  sans  guerre,  et  si,  dans  ce  cas,
ils  n’accepteraient  pas  de  le  prendre  comme  arbitre  et  conciliateur  2 ,
mais  le  consul  romain  Laevinus  lui  fit  répondre  que  les  Romains
ne  voulaient  pas  de  lui  comme  arbitre  3 .  Les  Romains  refusèrent  donc
la  proposition;  du  reste,  Pyrrhus  ne  pouvait  vraiment  pas  s’attendre
à  ce  qu’on  pût  le  considérer  comme  un  arbitre  impartial,  puisqu’il
était  l’allié  de  l’une  des  parties.
Un  autre  cas  qu’on  peut  rappeler  est  celui  où  Sagonte  offrit  à
Carthage  un  arbitrage  où  les  Romains  auraient  été  juges.  C’était  en
l’an  219,  lorsque  Annibal  menaçait  la  ville  grecque  de  Sagonte,
que  les  envoyés  Sagontins  à  Carthage  4  proposèrent  de  choisir  les
Romains  comme  arbitres  dans  le  différend  entre  Carthage  et  Sagonte,
mais  les  Carthaginois  répondirent,  dit  Appien,  qu’ils  n’avaient  pas
besoin  d’arbitres,  alors  qu’ils  étaient  par  eux-mêmes  en  mesure  de  se
faire  rendre  justice.  Cette  proposition  faite  par  une  ville  grecque  ne
fut  donc  pas  non  plus  acceptée  ;  cette  fois-ci  il  s’agissait  de  Carthage, ­
  la  seule  puissance  avec  Rome  qui  pùt  être  mise  au  niveau
des  villes  grecques.  Cette  fois  aussi  il  faut  remarquer  que  ceux  qui
étaient  proposés  comme  arbitres  étaient  du  côté  de  la  puissance  qui
avait  fait  la  proposition  ;  de  même  que  Pyrrhus  était  l’allié  de
Tárente,  de  même  Rome  l’était  de  Sagonte.

C’est  seulement  dans  ces  derniers  temps  qu’on  a  pu  avoir  un  aperçu
d’ensemble  de  la  fréquence  avec  laquelle  l’arbitrage  international
était  appliqué  dans  le  monde  grec.

1  Plutarque  :  Pyrrhus  c.  16.  —  2  bixaô-tqç  xcù  bvaWax-tqc;.  —  3  Par  contre  je  ne
puis  pas,  avec  W.  L.  Westermann,  (The  Classical  Journal,  1907  p.  206)  voir  autre
chose  qu’une  tentative  d’intervention  armée  dans  la  conduite  des  Tarentins  en
320,  par  bien  des  côtés  analogue  à  la  précédente,  vis-à-vis  des  Romains,  pendant
leurs  guerres  avec  les  Samnites.  Cfr.  Tite-Live  IX,  14,  1.  —  4  AppienVI,  11
            
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