Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
En  l’an  395  lorsqu’il  parut  qu’une  guerre  allait  éclater  entre
Sparte  et  Thèbes  à  cause  surtout  d’un  conflit  dans  le  port  d  Aulide  \
Athènes  proposa  aux  Spartiates  «  de  ne  pas  prendre  les  armes  contre
Thèbes,  mais  de  faire  examiner  par  la  voie  judiciaire  les  accusations
qui  étaient  dirigées  contre  les  Thébains  ».  Par  ce  mot  «  voie  judiciaire ­
  »  il  faut  ici  comprendre  tout  au  moins  en  dernière  instance,
l’arbitrage  d’un  troisième  état  impartial  ;  peut-être  les  Athéniens  se
proposaient-ils  eux-mêmes  de  fonctionner  comme  arbitres.  Sparte
repoussa  la  proposition  et  la  guerre  commença  ;  elle  donna  naissance
à  la  guerre  Corinthienne.
Peu  après  surgirent  des  complications  entre  Athènes  et  Sparte  ;
nous  ne  savons  pas  sur  quels  points  spéciaux  portaient  les  différends. ­
  Athènes  proposa  de  faire  trancher  le  différend  par  un  arbitrage ­
  et  de  prendre  Mégare  comme  arbitre  2 .  Le  roi  Spartiate  Agésipolis
  aurait  repoussé  cette  proposition  en  arguant  de  ce  qu  il  était
impossible  d’admettre  que  les  états  prépondérants  de  1H  ella  de
connussent  moins  bien  la  loi  et  le  droit  que  Mégare.
Le  troisième  cas  survient  après  la  bataille  de  Leuctres  en  371.
Cette  fois  ce  sont  les  Thébains  qui  proposent  aux  Spartiates  de
faire  juger  leurs  prétentions  réciproques  par  un  tribunal  d’arbitrage
nommé  par  les  Achéens  3 .  Cette  proposition  fut  aussi  repoussée  et
la  guerre  se  continua  ;  elle  eut  pour  résultat  l’écroulement  de  la
puissance  de  Sparte.
Nous  connaissons  encore  les  cas  suivants  dans  lesquelles  il  est
question  d’application  de  l’arbitrage  compromissoire  à  cette  époque.
Dans  la  Thessalie  méridionale  s’élevaient  les  villes  de  Mélitée  et
Narthacium  ;  elles  étaient  continuellement  en  différend  au  sujet
d’un  district  frontière.  Ce  différend  fut  l’objet  de  plusieurs  décisions ­
  arbitrales  au  cours  des  temps  4 .  Les  deux  premières  de  celles-ci
se  placent  sans  doute  à  notre  époque.  La  première  fois  ce  fut  Médeios,
dynaste  de  la  ville  thessalienne  de  Larissa,  qui  jugea,  vers  l’an  385.

1  n°  XVI.  -  s  n°  XVIII.  -  s  n°  XXII.  -  4  n°  XIX.
            
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