Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE  INTERNATIONAL  CHEZ  LES  HELLÈNES
pas  par  les  «  Thessaliens  libres  »,  mais  par  1  une  ou  1  autre  ville
thessalienne  1 .
C’est  au  IV e  ou  III e  siècle  que  se  place  une  affaire  d  arbitrage
entre  les  deux  plus  puissantes  des  Cyclades,  Naxos  et  Paros.  Un
tribunal  établi  à  Eubée  par  Erétrie  fonctionna  comme  arbitre  .
L’objet  du  différend  est  inconnu  ;  mais  le  jugement  devait  examiner
et  résoudre  tous  les  points  discutés  aussi  bien  entre  les  deux  Etats
qu’entre  leurs  habitants.  C’est  Paros  qui  doit  avoir  gagné  cette  affaire,
car  on  voit  qu’une  amende  fut  infligée  à  Naxos.  Si  1  une  des  parties
n’obéissait  pas  aux  prescriptions  du  tribunal  elle  devait  payer  une
amende  de  vingt  talents  ;  si  c’était  un  particulier  qui  ne  respectait
pas  le  jugement,  l’amende  était  fixée  à  cinq  talents.
En  l’an  240  une  affaire  tout  à  fait  singulière  fut  tranchée  par  la
voie  de  l’arbitrage.  Le  stratège  de  la  Ligue  achéenne,  Aratos,  avait
attaqué  la  ville  d’Argos  en  pleine  paix  pour  la  délivrer  de  son
tyran  et  obtenir  le  rattachement  de  la  ville  à  la  Ligue  achéenne  .
L’attaque  échoua.  Aratos  avait  sans  doute  agi  de  son  propre  chef
sans  ordre  direct  des  autres  autorités  achéennes.  Lorsque  les  autorités
d’Argos  portèrent  plainte  sur  ce  qui  s’était  passé,  la  Ligue  achéenne
accepta  de  faire  juger  l’affaire  par  un  tribunal  d’arbitrage  nommé
par  la  ville  de  Mantinée.  Le  jugement  déclara  qu’Aratos  devrait  payer
une  amende  de  trente  mines  (environ  3000  francs),  punition  très
douce,  puisque  Aratos  était  formellement  «  in  culpa  »  par  rapport  à
Argos.  Il  le  reconnut  d’ailleurs  aussi  en  ne  se  présentant  pas  devant
le  tribunal  pour  se  défendre.  Il  a  sans  doute  payé  l’amende  puisqu’on
n’entend  plus  parler  de  l’affaire.
Dans  un  différend  sur  le  port  de  Panormos  en  Epire  se  place
vers  l’an  220  un  jugement  d’arbitrage 4 .  Le  jugement  paraît  avoir
été  rendu  par  «  des  juges  choisis  d’après  le  cens  et  les  qualifications ­
  personnelles  ».  Les  Etoliens  paraissent  avoir  été  impliqués
dans  cette  affaire  comme  parties  ;  la  patrie  des  juges  n’est  pas  non

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