L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
pourraient être tranchés par des pourparlers directs seraient tran
chés «par l’arbitrage d’une troisième ville dont les parties convien
draient comme impartiale h »
Il faut remarquer que le fait de trancher des différends par la
voie juridique est présenté ici comme quelque chose de connu et
pratiqué depuis les temps anciens, et doit avoir été la règle en
usage dans la Ligue péloponnésienne antérieurement à cette époque.
Ceci est aussi confirmé par le seul exemple que nous connaissions
de sentence arbitrale à l’intérieur de la Ligue ; il s agit du différend
entre Elis et Lépréon vers l’an 430 2 . Nous apprenons que les parties
se mirent d’accord pour prendre Sparte comme arbitre ; et c est
comme conséquence de ce choix que Sparte agit ici et non pas en
qualité de chet de la Ligue. Lorsque par la suite Sparte chercha
à assurer par la force des armes l’exécution du jugement, ceci eut
lieu d’après Thucydide 3 par suite de ce fait précis qu Elis viola
le compromis intervenu ; ce ne fut pas en vertu d’un pouvoir
supérieur qu elle aurait eu en sa qualité d’état directeur de l’hégémonie.
Les parties étaient-elles obligées de choisir l’arbitre parmi les
villes alliées? Il n’est rien dit à ce sujet et il n’a sans doute pas
non plus été expressément décidé que le choix devait être limité
de cette manière. Mais en pratique les choses se présentaient sans
doute de telle manière, qu’il ne devait pas être question d’autre
chose que de choisir un Etat appartenant au même système politique,
et il devait être particulièrement indiqué, comme ce fut le cas entre
Elis et Lépréon, de choisir Sparte comme Etat directeur de la Ligue.
On ne réussit cependant pas à empêcher toute guerre entre deux
membres de la Ligue. A l’époque plus récente nous connaissons
des cas ou deux Etats appartenant à la Ligue se firent la guerre
sans qu’il en résultât leur exclusion de la Ligue et sans même que
la Ligue cherchât à l’empêcher. En l’an 459 Mégare sortit de la Ligue
et se joignit à Athènes ; la raison en était que la ville avait été
1 ai bé tu; tôjv ôu,upá X oov nóXiç nóXx èpíÇot, k nóXn èX&eîv av ttva ïoav àucpoîv
taic; mAíeooi òoxíot. — 2 n° X. — 3 Thuc. V, 31.
13 — Publ. de l'Inst. Nobel norvégien. 1.
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