221
L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
restaient pas non plus à l’écart lorsque le tribunal d aroitrage était
pris dans une ville appartenant à la Ligue. Dans le différend entre
Corinthe et Epidaure, les Mégaréens jugèrent à la demande de la
Ligue ; l’affaire d’arbitrage que Pagée eut avec une de ses voisines
ne put non plus être tranchée sans le concours de la Ligue, puisque
les habitants de Pagée remercient la Ligue et ses chefs de 1 intérêt
avec lequel ils ont pris son affaire en mains. Il est plus douteux
qu’on puisse faire un pas de plus et décider que c étaient toujours
les autorités de la Ligue qui décidaient que 1 arbitrage aurait lieu et
déterminaient la troisième ville qui devrait fournir les juges. On
n’avait pas en effet enlevé toute initiative aux villes, même s il leur
fallait l’approbation par la Ligue des conventions intervenues.
L affaire se présentait autrement lorsque les villes en différend ne
pouvaient se mettre d’accord sur la manière de faire trancher le
différend. Alors la Ligue intervenait et faisait le nécessaire. Dans ces
cas-là il se peut que parfois l’affaire ait été 1 objet d une solution
directe, soit de la part de l’assemblée de la Ligue soit de son con
seil, soit encore d’un tribunal d’arbitrage réuni pour la circonstance.
Par contre il nous semble moins admissible qu’il y ait eu au sein
de la Ligue achéenne un tribunal spécial pour la solution de sem
blables affaires ; on n’aurait pas manqué d’entendre parler d’un tri
bunal comme celui-là. Dans la plupart des cas on peut cependant
admettre que les autorités de la Ligue réussirent à amener une con
ciliation entre les états de la Ligue en désaccord, sans qu’il fût néces
saire de rechercher une solution judiciaire.
Les autorités de la Ligue n’admettaient pas que l’un de leurs
membres refusassent une solution pacifique lorsqu’un différend sur
venait avec un autre membre ; la Ligue intervenait alors et cherchait
à impose^ une solution ; c’est ce qui résulte du destin de Sparte
lorsque cette ville refusa de respecter le jugement que Callicrate
avait rendu dans le différend avec Mégalopolis. Par ce jugement
Mégalopolis s’était vu attribuer le district frontière en jeu ; Sparte
chercha néanmoins à le reprendre. La Ligue achéenne intervint alors