Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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A.  RÆDER

ajoute  de  l’importance  à  la  situation  prédominante  que  Thèbes  avait
dans  cette  ligue 1 ,  on  doit  alors  admettre  que  les  membres  avaient
peu  de  liberté  pour  traiter.
Cette  opinion  est  confirmée  par  la  seule  affaire  certaine  d’arbitrage
que  nous  connaissions  de  cette  époque.  C’est  le  différend  de  frontières ­
  entre  les  villes  de  Copée  et  Akraiphée 2 .  Grâce  à  la  découverte
d’une  borne  on  voit  que  ce  différend  fut  tranché  par  la  ligue  ellemême,
  c’est-à-dire  par  le  tribunal  de  la  ligue  composé  d’envoyés  des
différentes  villes  qui  la  constituaient.
Nous  retrouvons  un  tribunal  spécial  de  ligue  au  V e  siècle  dans
la  Ligue  acharnanienne,  la  plus  occidentale  de  l’Hellade  centrale.
Le  tribunal,  d’après  Thucydide 3 ,  avait  son  siège  dans  la  ville  d’Olpée  ;
on  doit  admettre  que  ce  tribunal  jugeait  aussi  les  différends  entre
villes  de  la  ligue.
Ce  n’est  sans  doute  qu’à  l’époque  romaine  que  nous  voyons
un  tribunal  commun  dans  la  Ligue  des  Eleuthêro-Laconiens,  si  le
conseil  lui-même  de  la  ligue  ne  jugeait  pas.  Ceci  resuite  du  différend
de  Géronthrée  avec  une  autre  ville  de  la  ligue 4 .
Toute  une  série  d’autres  peuples  de  l’Hellade  centrale  et  septentrionale ­
  formèrent  à  certaines  époques  de  semblables  ligues.  A  l’époque
qui  va  de  167  à  146  une  inscription  nous  fait  connaître 5  la  Ligue
où  Koïnon  des  Dorins  qui  habitaient  le  district  de  Doris  ainsi  que
les  Ligues  des  Epirotes,  des  Œtaïens,  des  Athamans,  et  des  Locriens
  orientaux.  Nous  ne  connaissons  cependant  aucune  affaire
d’arbitrage  survenue  entre  membres  de  ces  ligues  ;  nous  ne  savons
pas  non  plus  si  elles  avaient  un  tribunal  de  ligue.  En  dehors  de  la
péninsule,  nous  devons  citer  deux  ligues  semblables,  dont  nous
connaissons  des  affaires  d’arbitrage.
Il  faut  d’abord  mentionner  la  Ligue  des  Insulaires  qui,  après  l’an
300,  comprit  beaucoup  des  petites  îles  de  la  mer  Egée.  Un  fragment

1  Freeman  1.  c.  p.  155  et  ss.  —  3  no  XXXIX.  —  3  Thucydide  III,  105  à  propos
d’Olpée:  xoivcp  &ixaoTr\picp  èxpœvio.  —  4  no  LXXXI.  —  4  Dittenberger  S*  n°  291.
            
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