L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
nous permet de conclure que la Ligue Cretoise ne fut pas complètement
dissoute à cette époque, ou en tout cas qu elle fut reconstruite
à cette occasion. Cette inscription contient une adresse d Epidamne
à Magnésie ; il y est dit que les Magnésiens se félicitaient des
services qu’ils avaient rendus à la Ligue crétoise en mettant fin à la
guerre civile par leur intervention 1 . Il ne peut être ici question
d’aucune autre circonstance que de 1 arbitrage entre Gnosse et Gortyne
dont nous venons de parler.
La ligue continua néanmoins à avoir une existence agitée. Gor
tyne et Gnosse recommencent la guerre, pour arriver en 1 an 182 à
faire régler leurs relations, cette fois 2 * par 1 arbitrage du romain Appius.
Il fut décidé que les villes crétoises auraient le droit de Claudius,
se réunir ou non autour du tribunal commun . La façon dont ce
tribunal commun est mentionné montre qu il ne fut pas organisé
seulement à ce moment, mais qu’il avait existé aussi précédemment.
Une inscription qui a conservé le souvenir d un traité entre les
deux villes de Hiérapytna et Prianse 4 nous permet de conclure que
ce tribunal qui était certainement composé d’envoyés des différentes
villes comme nous l’avons vu pour les Ligues béotiennes et ioniennes,
jugeait aussi des différends survenant entre villes de la ligue. Il en
résulte aussi 5 que ces deux villes avaient précédemment ressorti
à ce tribunal commun. Les difficultés entre ces deux villes qui
pouvaient demeurer non réglées au moment où le traité était conclu
devaient être tranchées par le tribunal dont conviendraient les plus
hauts fonctionnaires des deux villes ; les nouveaux différends seraient
tranchés par l’arbitrage d’une troisième ville dont les mêmes fonc
tionnaires conviendraient d’avance chaque année. Nous voyons par
ce traité que Hiérapytna et Prianse n’étaient plus à cette époque
1 Ins. von Magnésie n° 46. Dittenberger, S 2 n° 259 : xcù xàv eùep-ysaiav, àv ouve-
xeXéôavxo eiç xò xoivòv xrôv Kpr\xaiéa>v òiaXóoavxei; xòv èpcpóXiov nóXepov. — 2 n° LII
— 8 Polybe XXIII, 15, 4 : xxepx ò'e xcòv xaxà xoivoòíxiov ouvEXcópi\ôav (oi nep\ ’’Anmov)
arnoK PooXofiévotç pèv è^etvcu pexé'/eiv, prj ßooXopevoiq && xcù xoCx’ èljeîvai. — 4 n°
LVI. — 5 Collitz III, 2, 5040 1. 57 : âcp’ cb xò xoivoòíxiov àxéXixe yoóvco.