A. RÆDER
tiate Archidamos raisonnait avant l’explosion de la guerre du Pélo
ponnèse. Il attache une grande importance à ce que les Athéniens
s’étaient déclarés prêts à faire trancher par l’arbitrage, conformément
aux dispositions du traité, les points en désaccord ; Archidamos
déclare qu’il ne suffirait pas de leur opposer un simple refus, et de
dire qu’ils avaient tort 1 . Mais il est bien possible que Lysandre,
peu après, fut mieux d’accord avec l’opinion générale des Spartiates
lorsque, pendant des pourparlers avec Argos au sujet d’une affaire
de frontières, où les Argiens paraissaient avoir les meilleures rai
sons, il tira son épée et déclara que celui qui avait l’épée la plus
forte, était celui dont les arguments étaient les plus forts, quand il
s’agissait de déterminer les frontières d’un pays. Ce fait que les
Spartiates n’étaient pas favorablement disposés pour l’arbitrage,
quand il s’agissait d’eux-mêmes, paraît avoir été généralement admis
en Hellade ; une preuve en est le récit où l’on voit Sparte repous
sant avant la première guerre Messénienne la proposition des Mes-
séniens de faire trancher le différend soit par l’amphictyonie
argienne soit par le conseil de l’Aréopage ; le récit n’est pas hi
storique, mais il révèle l’opinion générale.
Comme on pourra le conclure de ce qui est dit plus haut, ce
n’est pas toujours une ville ou un état isolés, qui sont parties dans
une affaire d’arbitrage. On voit aussi des ligues, comprenant plu
sieurs états-villes ou sociétés agir comme parties. La Ligue étolienne
est ainsi une des parties dans le différend au sujet du part de Panormos 2 ;
la Ligue achéenne est officiellement partie dans l’affaire d’arbitrage
qui surgit à l’occasion de ce que son stratège Aratos avait essayé
pendant la paix de surprendre la ville d’Argos 3 . Le cas est le même,
dans le différend avec Athènes au sujet de la situation juridique
des Déliens 4 . Dans un cas deux ligues sont pour ainsi dire parties
dans une affaire ; il s’agit d’un différend de frontières qui fut jugé
entre la ville d’Azore, qui appartenait à la ligue des Perrhébiens,
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