Full text: L' arbitrage international chez les Hellenes

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A. RÆDER 
ou tentative d’organisation de l’arbitrage était le choix du tribunal 
d’arbitrage. On peut conclure ceci de ce qui a été dit plus tard 1 , 
lorsqu’il s’agissait de savoir à l’initiative de qui l’arbitrage était dû. 
Dans la plupart des cas où l’on peut constater ceci, nous voyons 
que la partie qui prenait l’initiative, tout au moins très fréquemment 
pour ne pas dire en règle générale, mentionnait le tribunal d’arbitrage 
en même temps qu’elle présentait son projet d’arbitrage. Nous avons 
vu qu’Athènes proposa à Sparte de prendre Mégare. Ségeste proposa 
Syracuse à Sélinonte, Thèbes proposa les Achéens à Sparte et Akrai- 
phée proposa Larisse à ses adversaires. Corcyre offrit à Corinthe 
de choisir entre une ville Péloponésienne ou l’Oracle de Delphes. 
Argos proposa à Sparte le choix entre une ville à choisir ou un parti 
culier. Cette manière de procéder, de proposer à l’adversaire le choix 
entre deux juges désignés dans le projet n’est pas anormale ; ceci 
résulte du récit de la proposition faite par les Messéniens à Sparte 
par laquelle ils lui donnaient le choix entre l’Amphyctionie argienne et 
l’Aréopage athénien, sans que Sparte réfléchît à aucune des alternatives 2 . 
Quand l’arbitrage était organisé à la suite de l’intervention d’une 
puissance située en dehors du conflit il était sans doute habituel 
que cette puissance se proposât en même temps pour remplir les fonc 
tions d’arbitre. Pour mentionner les cas de cette nature précédemment 
cités 3 , nous rappellerons que les Corinthiens se proposèrent pour fonc 
tionner comme arbitres entre Athènes et Thèbes au sujet de Platée 
de même qu’Athènes très vraisemblablement se proposa à Thasos 
et Méronée, Pergame à Mitylène et Pitane, Gnosse à Latos et Olus, 
Appius Claudius à Gnosse et Gortyne. Lorsque Magnésie amena les 
deux villes précitées à accepter un arbitrage, elle ne se proposa par 
contre pas elle-même, mais elle proposa le roi égyptien Ptolémée 
Philopator. Dans les alliances et les hégémonies, ce doit avoir été 
une pratique courante que la puissance dirigeante, en proposant 
l’arbitrage, proposait aussi des arbitres. 
1 page 259. — * n° I. — s page 260.
	        
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