A. RÆDER
Avant d’aller plus loin dans l’examen du travail arbitral, il nous
faut regarder la manière dont les parties en cause étaient représentées.
Nous trouvons des éclaircissements sur ce point dans le récit qui
nous est fait de l’affaire d’arbitrage entre Itane et Hiérapytna et qui
fut jugée par un tribunal de 17 membres nommés par le peuple de
Magnésie 1 . Les représentants des parties étaient présents lorsque les
juges prêtèrent serment, et il est dit à cette occasion que les parties
étaient représentées non seulement par leurs avocats qui menaient
l’affaire, mais aussi par d’autres personnes avec lesquelles les avocats
devaient conférer et qui, avec les avocats, devaient prendre les décisions
au nom des parties. Ces représentants sont mentionnés aussi dans
l’affaire d’arbitrage qu’eut Paros avec un adversaire inconnu 2 . De
même dans le procès entre Sparte et Mégalopolis, des représentants
de Sparte qui assistèrent à la prestation du serment des juges, sont
désignés comme « Ceux des Spartiates qui étaient présents » 3 .
Ces représentants, autant que nous pouvons le voir, sont choisis
en règle générale par les assemblées populaires respectives et par
scrutin direct ; on exige des conditions spéciales. Il est dit expressé
ment pour les représentants de Magnésie que le choix eut lieu de
cette manière lorsque Mylase fut appelée à juger entre Magnésie et
Priène 4 . La même chose nous est dite pour Samos et Priène à
l’occasion du procès quise déroula devant les cinq juges Rhodiens 5 .
Ce mode de scrutin était en tout cas appliqué aux avocats propre
ment dit. Mais il n’y a aucune raison de croire qu’on ait appliqué
une autre règle aux autres représentants qui avaient plein pouvoir
pour signer certains arrangements au nom de leur état. Lorsque le
différend des Athéniens et des Déliens, au sujet de l’administration
du temple d’Apollon, fut soumis à l’arbitrage du Conseil amphic-
1 n° LXXIV : rTapôvxcov xû>v xe i>iainxaÇopéva>v ây' éxaxépac, xôXeœc; xai tmv
ôuvxapôvTœv aôxotç. — 2 n° LXIII : xai gyévexo èv xœi òixaôxrçpían ôúXXuôtç eó&o-
xr\oávxcov Tcóp xapóvxcov è% éxaxépaç xf\c; xóXecoç. — 8 n° XXVIII, 1 : oi xapóvxes
Aaxsbaipovícov éxt xoC opxou. — 4 n° LXXIII : f|pé\h)aav èy&ixot. — 5 XXXIV, 3 :
ínxaioXoYpcapévcDV xcòv aipe&évxrav óxò pèv Eapiœv vnò bè Hpiavécov.