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A. RÆDER
garde des Thébains, jusqu’à ce qu’une décision judiciaire put inter
venir ; mais dans de semblables circonstances, on doit interpréter le
mot « décison judiciaire » comme un arbitrage d’un troisième Etat
se tenant hors du conflit. 1 Tout le système serait incompréhensible,
si la décision avait pu être rendue par les tribunaux athéniens, qui
d’ailleurs auraient dû être compétents.
XXIV.
L’Amphictyonie Delpiiienne Arbitre entre ATHENES & Les
DELIENS. L’an 343.
Un différend s’était élevé entre les Athéniens et les habitants de
Délos au sujet de l’administration du célèbre temple d’Apollon,
qui s’élevait dans cette île ; les deux parties exigeaient d’avoir sur
lui la prépondérance.
Déjà au V e siècle, si l’on en croit une anecdote de Plutarque, 2
ce désaccord aurait conduit à une décision arbitrale où le Spartiate
Pausanias, fils de Kléombrotos, aurait fonctionné comme juge, et sa
sentence aurait été favorable aux Athéniens. Pausanias doit avoir
ici confondu le vainqueur de Platée et son petit-fils, Pausanias fils
de Pleistoanax. 3 II est impossible de déterminer avec certitude, dans
quelle mesure ce récit repose sur une base historique. 4
Au IV e siècle, en tous cas, la question était de nouveau brû
lante et se termina par l’accord des deux parties qui décidèrent
de faire trancher le différend par l’arbitrage de l’amphictyonie Del-
phienne. 5 La sentence doit avoir été rendue en faveur des Athéniens,
car on peut constater qu’à partir de cette époque ceux-ci eurent la
direction des affaires du temple.
Cet exemple d’arbitrage nous est connu par suite du différend,
qui s’éleva au sein d’Athènes pour savoir qui devait parler au nom
d’Athènes devant le tribunal d’arbitrage. L’Assemblée du Peuple
1 Cfr. Meier 1. c. p. 45. — 2 Apopht. Lac. 230, D. — 3 Böeckh. Abh. d. Akad.
d. Wiss. Berlin 1834. Hist. Phil. Kl. p. 8. — 4 Sonne 1. cit. p. 26, 27. pense que
non - — Bürgel. Die pyl. del. Amphictyoni p. 204.