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A. RÆDER
entre l’île de Thasos et la ville de Maronée, voisine de Stryme ;
il en résulta en 362 une guerre entre les deux Etats. A cette
époque, ou peut être plus tard \ mais en tous cas avant 342, Athènes
fit prévaloir son influence et obtint que la question de savoir la
quelle des deux puissances en lutte avait droit à Stryme, fut sou
mise à une décision arbitrale. Nous ne connaissons pas le résultat
de l’arbitrage ; nous ne savons pas non plus, qui était arbitre ; ce
fut peut être Athènes, car cette ville, en même temps qu’elle con
traignait les parties à l’arbitrage, leur avait sans doute offert aussi
de fonctionner comme arbitre.
XXVI.
Philippe de macédoine propose a ATHÈNES un arbitrage au
sujet de HALONNES. L’an 342
Pendant ses efforts pour avoir accès dans la Hellade, on voit que
Philippe de Macédoine, à l’époque de la seconde et de la troisième
Guerre Sacrée, (346 à 340) cherchait aussi à utiliser l’Arbitrage comme
une arme au service de sa politique. C’est vis-à-vis d’Athènes qu’il
chercha à utiliser ce moyen. Les propositions que Philippe fit aux
Athéniens dans ce sens ne se rattachent au fond qu’indirectement
à notre étude. Il est en effet assez clair que ce n’est pas l’intention
de Philippe, lorsque à plusieurs reprises il propose aux Athéniens de
laisser un tribunal d’arbitrage juger entre lui et eux, de réussir à
obtenir une solution pacifique. Ses adversaires à Athènes, des hommes
comme Démosthène et Hégésippe lui rendaient bien justice, quand
ils l’accusaient de chercher de cette manière à endormir les Athéniens
et à leur prouver ses intentions pacifiques apparentes, de manière à
n’être pas contraint à lutter avec eux avant que son moment ne fût
arrivé.
Un des points discutés entre les Athéniens et Philippe portait sur
1 île de Halonnes qui se trouve juste au sud de Lemnos. Halonnes
avait appartenue à Athènes, mais avait été occupée par des pirates.
1 Bérard 1. c. p. 42.