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L'ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LEZ HELLÈNES
Philippe l’occupa à son tour sans plus de formes, ce qui eut pour
résultat que les Athéniens la lui réclamèrent ; Philippe refusa, mais
se déclara disposé à laisser trancher cette affaire et d’autres points
en désaccord par l’arbitrage d’un Etat impartial. Les Athéniens re
poussèrent cette proposition aussi bien à ce moment que plus tard. 1
Démosthène fit valoir entre autres choses qu’il était impossible de
trouver un Etat impartial comme juge, et Hégésippe accusa carrément
Philippe d’être un homme à soudoyer les juges.
XXVII.
Guerre de Frontière entre SPARTE & MEGALOPOLIS.
Plusieurs jugements d’Arbitrage. Entre 338 et 146.
Près du fleuve Eurotas, à l’endroit où il reçoit le fleuve Oinus
se trouvaient plusieurs districts, particulièrement Skiris, Belmina et
Aegys, qui furent une cause de dispute entre les Spartiates et les
Arcadiens, surtout à cause de leur importance stratégique. Ils
avaient autrefois appartenu à la ville arcadienne de Parrhasia, mais
étaient tombés au pouvoir) des Spartiates qui les avaient conservés
pendant longtemps. Mais lorsque l’Arcadie méridionale, après la
bataille de Leuctres fut rassemblée en un Etat puissant, Megalo
polis, le différend surgit à nouveau.
1° — Lorsque Philippe de Macédoine en 338, voulut réglementer
les affaires de l’Hellade, ce différend entre Sparte et Mégalopolis
fut soumis à un tribunal d’arbitrage formé d’envoyés de différents
Etats grecs ; d’après Polybe 2 tous les Etats grecs auraient été re-
1 Ep. Phil. 162-163. Hégésippe de Halonn. p. 78, 7 ; 85, 36. Aesch. c. Ctésiphon
p. 475 § 83. — 2 Polybe IX, 33, 12 : où% aviov àTiobet^aç xpixip àXXà xcnvòv èx Ttàvtcov
Trâv ‘EXXt^vcûv xa&ioaç xpuqpiov. On ne peut opposer à ceci un autre passage de
Polybe IX, 28, 7 où, pour aller plus vite, il nomme Philippe lui même au lieu
du Tribunal organisé par lui. Tite Live XXXVIII, 34 est d’accord avec Polybe
en ce qu’il présente la sentence comme ayant été rendue non par Philippe lui
même, mais par un Tribunal ; il s’en éloigne au contraire lorsqu’il parle de
ce Tribunal comme ayant été réuni pari es Achéens, et non par des représentants
d’autres villes grecques. Pausanias VII, 11, 2, cite Philippe lui-même comme juge,
bixacnijí; xoivôç.