Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

A.  RÆDER

L’inscription  dont  il  est  ici  question  comporte  170  lignes  ;  elle
commence  par  exposer  que  les  cinq  habitants  de  Rhodes,  dont  elle
donne  les  noms,  ont  été  nommés  par  le  peuple  Rhodien,  pour  juger
dans  le  différend  de  Samos  et  Priène  au  sujet  du  district  Dryussa
et  de  la  forteresse  carienne.  Leur  nomination  avait  eu  lieu  sur  la
demande  de  Samos  et  de  Priène  qui  étaient  tombées  d’accord  pour
prier  le  peuple  de  Rhodes  de  choisir  des  hommes  qui  devraient
étudier  l’affaire,  délimiter  les  frontières,  et  rendre  un  jugement  ou
déterminer  une  transaction. 1  Des  hommes  choisis  par  chacune  des
parties  devaient  présenter  l’affaire.  Les  arbitres  entendirent  d’abord
dans  leur  ville,  au  temple  de  Dionysios  à  Rhodes,  les  avocats  des
parties  ;  ensuite  accompagnés  par  les  deux  parties,  ils  examinèrent
les  lieux  ;  la  réunion  décisive  fut  tenue  dans  le  temple  d’Artémise
à  Ephèse  ;  c’est  là  que  le  jugement  fut  rendu  ;  les  possessions
disputées  étaient  attribuées  à  Priène  ;  la  sentence  fut  copiée  en
deux  exemplaires  qui  furent  remis  aux  autorités  de  Samos  et  de
Priène.
Ensuite  vient  un  exposé  de  la  procédure  des  deux  parties;  en  le
suivant  on  parcourt  l’histoire  de  l’affaire.  C’est  là  qu’ont  été  puisés
les  renseignements  donnés  plus  haut  sur  les  arbitrages  antérieurs.  Les
parties  invoquent  en  leur  faveur  des  sentences  précédentes,  de  même
S 2  n°  268).  H.  v.  Gaertringen,  Inschr.  v.  Priène,  p.  43  croit  plus  logique
d’admettre  que  le  jugement  se  place  entre  l’an  197  et  l’an  190,  et  par  conséquent
est  antérieur  à  celui  de  Manlius  ;  en  faveur  de  ceci  on  peut  invoquer  le  fait
que  ni  les  Romains  ni  le  jugement  de  Manlius  n’y  sont  cités.  D’après  ceci  Manlius ­
  aurait  donc  cassé  le  jugement  des  Rhodiens,  et  ce  n’est  que  plus  tard
que  le  Sénat  aurait  cassé  sa  décision.  Si  l’on  place  le  jugement  de  Manlius  avant
celui  des  Rhodiens,  ceux-ci  auraient  cassé  le  premier,  et  leur  jugement  aurait  été
maintenu  par  la  force  à  travers  les  années,  pour  être  plus  tard  confirmé  par  le
Sénat  romain.
Si  je  suis  cette  seconde  chronologie,  c’est  qu  elle  me  paraît  mieux  s’accorder  avec
les  expressions  des  sénatus-consultes  postérieurs  (Inschr.  v.  Priene,  n°  40  et  41),
où  il  est  plus  naturel  de  déduire  des  expressions  employées  que  le  jugement  des
Rhodiens  est  le  plus  récent.
1  à^icD&ëvTos  roß  bctpou  (toû  tcov  ‘Pobícov)  vno  Zapicov  xal  Ilpiavécov  civ&paç  àxo&eîl'cu
oÍTiveç  xpivôuvn  xal  ôpvlSoCvTt  xal  axocpaivoCvrai  q  öuXXuöoövti.
72
            
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