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CH. XXI. — DES PROFITS ET DE L’INTÉRÊT DES CAPITAUX. 375 
* quant à prétendre juger avec une certaine précision de ce qu’il peut 
“ avoir été à des époques antérieures, c’est ce qui doit être absolu- 
» ment impossible. » Cependant, puisqu’il est évident qu’on paie cher 
la faculté de se servir de l’argent, toutes les fois que par son moyen 
on peut gagner beaucoup, il croit que « le taux ordinaire de l’intérêt 
» sur la place peut nous conduire à nous former quelque idée du taux 
“ des profits, et que l’histoire des progrès de l’intérêt peut nous don- 
“ ner celle du progrès des profits. » Certes, si le taux de l’intérêt 
pouvait être connu avec précision pendant une époque un peu con 
sidérable, il pourrait nous fournir une mesure assez exacte pour 
estimer le progrès des profits. 
Mais dans tous les pays, par suite de fausses notions en économie 
politique, les gouvernements sont intervenus, pour empêcher que le 
taux de l’intérêt ne s’établît d’une manière libre et équitable, en im 
posant de grosses et excessives amendes sur tous ceux qui prendraient 
un intérêt au-dessus de celui fixé par la loi. On élude probablement 
partout de semblables lois; mais l’histoire nous apprend peu de cho 
ses à ce sujet, et les écrivains nous indiquent plutôt l’intérêt fixé par 
les lois, que son taux courant. 
Pendant la dernière guerre, les billets de l’échiquier et de la 
marine, en Angleterre , ont éprouvé une perte telle, qu’en les ache 
tant on a pu retirer 7 et 8 pour cent, ou même un plus fort intérêt 
de son argent. Le gouvernement a négocié des emprunts à un intérêt 
au-dessus de G pour cent, et des particuliers se sont souvent vus 
forcés de payer, par des voies indirectes, plus de 10 pour cent pour 
l’intérêt de l’argent; et néanmoins, pendant tout ce temps, l’intérêt 
légal était toujours au taux de 5 pour cent. 11 y a donc fort peu 
de fond à faire sur ce que les historiens peuvent dire de l’intérêt 
fixe et légal, puisque nous voyons jusqu’à quel point il peut être diffé 
rent du taux courant. Adam Smith nous apprend que, depuis la tren 
te-septième année du règne de Henri Ylll jusqu’à la vingtième année 
de Jacques 1", le taux legal de l’intérêt demeura à 10 pour cent. Peu 
de temps après la restauration, il fut réduit à 6 pour cent; et, par le 
statut de la douzième année de la reine Anne, à 5 pour cent. Il croit 
que l’intérêt légal a suivi, et non précédé le taux courant de l’intérêt. 
Avant la guerre d’Amérique, le gouvernement anglais empruntait à 
3 pour cent, et dans la capitale, ainsi que dans beaucoup d’autres en 
droits du royaume , les gens qui avaient bon crédit empruntaient à 
3?, 4 et 4 Y pour cent. 
Le taux de l’intérêt, quoiqu’il soit en dernière analyse, et d’une
	        
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