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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
de les amener, à l’aide de ponts roulants, à portée de revé-
teurs hydrauliques de loo tonnes qui ont tôt l'ait de les bou
lonner.
La scierie, les ateliers de menuiserie et d’ébénislerie, etc.,
sont aussi soiqneusement installés ; ils contiennent des ma
chines-outils américaines du dernier modèle, <]ui permettent
d’exécuter certains assemblages curieux. Enlin, des voies
ferrées circulant partout et assurant le transport facile des
matériaux; sept cales, en pente douce et naturelle, établies
à peu de frais ; un bassin, fort commode, destiné à l’arme
ment des navires et à leur réparation, complètent un outil
lage dont l’ensemble est un des meilleurs que ¡’aie vus.
Je fus moins surpris de la remarquable organisation de
cet établissement lorsque j’appris que M. Lobnitz, son direc
teur, avait dû tout jeune, pour déférer aux volontés for
melles de son père, accomplir en qualité de simple ouvrier
sept années d’apprentissage dans d’autres chantiers. De cette
longue et dure jiréparation aux fonctions élevées qu’il était
appelé à remplir, le futur patron ne pouvait que rapporter
des connaissances techniques approfondies, qu’il sut, d’ail
leurs, mettre très judicieusement à profit.
M. Lobnitz, en prenant la direction des ateliers et chan
tiers, ne s’est pas embarrassé d’un grand état-major ; deux
ingénieurs — dont M. Lauprôtre — et quelques dessina
teurs forment, avec les comptables, tout le personnel des
bureaux.
A la tète de chaque atelier se trouve un contremaître (jui
a la responsabilité de sa direction ; sa fonction est d’activer
les échanges de [lièces, s’il faut qu’elles passent entre les
mains de plusieurs équipes, de stimuler la production, d’em
pêcher le gaspillage des matières premières, d’étudier, au
cas'de commande de navires d’une forme nouvelle, les spé
cifications et les prix de revient pour la partie qui le concerne ;