262 L'ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
l’association douanière ne projetât sérieusement
d’établir un système de douane différentiel, d’user
de représailles envers la France et de lui ravir les
bénéfices notables découlant de l’introduction en
Allemagne de ses produits naturels ou manufac
turés. M. Engelhardt reparut en août 1839 à Berlin,
où il se rencontra avec MM. Bowring et Dodge, les
délégués de l’Angleterre et de l’Amérique du Nord,
qui avaient également choisi l’époque à laquelle les
conférences générales organisées périodiquement
par l’association douanière allaient avoir lieu de-
nouveau, pour observer la tournure des événe
ments, et pressentir les dispositions, qu’en se pro
longeant, le Zollverein manifesterait dans la ques
tion des tarifs. Ou approchait en effet de l’expiration
de la première période d’existence convenue, et le
système encore inachevé des taxes fédérales devait
entraîner des discussions et subir des fluctuations
d’un intérêt manifeste pour les nations étrangères
auxquelles l’Allemagne avait offert jusqu’ici un
débouché des plus dociles et des moins dispendieux.
Tandis que l’envoyé britannique ne paraissait
occupé que d’un traité postal avec la Prusse, et que
le commissaire de l’Amérique septentriouale repre
nait d’anciennes propositions relatives à une réduc
tion des droits sur le tabac en feuilles, M. Engel
hardt se déclarait autorisé à préparer le terrain d’un
traité de commerce étendu avec le Zollverein, mais
il n’avait pas reçu mission de taire des ouvertuies