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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
il est difficilement admissible que cette ville d’une population
si dense, où l’argent abonde, où la consommation des denrées
alimentaires est très grande, se contente pour ses besoins
propres, d’absorber la différence, soit 82,000 hectolitres,
c’est-à-dire moins qu’une toute petite ville du Nord de la
France. Je cherche vainement dans les environs de Hambourg
les plantations de vignes ou de cannes à sucre qui
pourraient lui permettre de tirer de son propre fonds de
([uoi augmenter ainsi, avant de les réexporter, les quantités
de cognacs, de rhums ou devins importés. Evidemment une
fraude s’exerce sur ces divers produits; on renouvelle à leur
égard avec de l’alcool et de l’eau le miracle des noces de
Cana. Ceux de nos négociants — et la pénurie de notre
marine marchande les a rendus nombreux — (jui empruntent
pour leurs expéditions la voie de Hambourg ont involontairement
fourni au grand port allemand, au détriment des
récoltants français et coloniaux, ses premiers clients directs
pour les produits que nous venons d’énumérer.
V. La dîme du fret.
Le mal serait déjà grave, môme se bornant là. C’est, en
effet, enlever au commerce la sécurité qui est une de ses conditions
d’existence que de le laisser ainsi exposé par manque
de marine nationale aux coups déloyaux de la fraude et aux
spéculations incessantes sur les tarifs. Le négociant qui établit
un prix de revient a besoin de connaître avec exactitude
le coût du transport de la matière première qu’il reçoit
comme de l’objet qu’il expédie. Or, il peut tout craindre de
ses rivaux étrangers ; en Allemagne, en Angleterre, commerce
ei marine sont solidaires l’iin de l'autre.
Cette solidarité, je le sais, n’est pas écrite dans le Code î