Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA POLITIQUE DE L’AUTONOMIE. 
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marquée que par le paiement d’un tribut; leur administra 
tion intérieure devait être organisée par deux divans élus. 
La grande majorité des habitants voulaient l’union des 
deux principautés, de même race et de même langue rou 
maine. Le gouvernement français les appuyait, au nom du 
droit des nationalités; le gouvernement russe aussi, au 
nom du même droit et dans la pensée de se faire d’une 
Roumanie forte un avant-poste solide sur le Danube infé 
rieur, à la fois contre la Porte et contre l’Autriche. Le 
caïmacan Vogoridès dirigea et faussa si bien l’élection du 
divan moldave que la majorité s’y déclara opposée à l’union. 
Les cabinets de Paris et de Saint-Pétersbourg protestèrent, 
rappelèrent même leurs ambassadeurs de Constantinople, 
Napoléon Ill fit alors un voyage en Angleterre (août 1857) ; 
le gouvernement anglais, préoccupé de la révolte des 
cipayes de l’Inde, ne voulut pas irriter la Russie, déjà puis 
sante dans le Turkestan : il promit ses bons offices pour le 
règlement de la question roumaine. 
Les élections moldo-valaques furent cassées, refaites avec 
plus de sincérité; en décembre, les deux assemblées se 
prononcèrent pour l’union des deux principautés en un seul 
État. La convention de Paris, signée par les ambassadeurs 
le 19 août 1859, décida que les deux principautés auraient 
deux parlements distincts, mais que leurs intérêts communs 
seraient traités par une commission centrale de seize mem 
bres, composée de députés de ces deux parlements. Déjà 
elles s’étaient donné un même prince, le colonel Couza, 
sous le nom d’Alexandre I". En 1862, les deux parlements 
se fondirent en un seul ; les deux ministères furent rem 
placés par un ministère unique ; Bucharest fut la capitale 
du nouvel État ; la nation roumaine existait. Alexandre I" 
gouverna en maître absolu ; l’Assemblée exigeant le respect 
du régime constitutionnel, il la dissout par un coup d’État 
(1861) et promulgua une constitution fondée sur le suffrage 
universel et sur deux assemblées, un Sénat et une Chambre 
des députés. Ses ennemis formèrent contre lui un complot 
le forcèrent à abdiquer, convoquèrent les Chambres poui 
l’élection d’un nouveau prince. Elles appelèrent au pouvoii 
un prince allemand de la branche catholique des Hohenzol 
lern, qui fut Charles P' de Roumanie (1866), appuyé pai 
Napoléon III. Le régime constitutionnel s’établit peu à 
peu dans le pays. Après quelques années de convulsions 
politiques, la principauté commença l’exploitation de ses 
E. Driault — Question d’Orient. 
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