Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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LA  GUERRE  DES  BALKANS.

IV.  —  LE  TRAITÉ  DE  BERLIN  ET  SON  EXÉCUTION.
Le  traité  de  San-Stefano  (3  mars  1878).  —  La  Grande-Bulgarie.  —
Protestations  de  l’Angleterre.  —  La  politique  du  prince  de  Bismarck. ­
  —  Le  Congrès  de  Berlin  (juin-juillet  1878).  —  Le  traité
du  13  juillet.  —  Le  traité  secret  du  4  juin  1878  entre  l’Angleterre
et  la  Porte  :  les  Anglais  à  Chypre.  —  La  nouvelle  principauté
de  Bulgarie.
Afl'aiblissement  de  la  Turquie.  —  Les  nouveaux  royaumes  de  Roumanie ­
  et  de  Serbie  (1881-1882).  —  Les  Autrichiens  en  Bosnie  et
Herzégovine.  —  Le  Monténégro  et  la  ligue  albanaise.  —  Les
nouvelles  frontières  de  la  Grèce  (1881).  —  La  principauté  de
Bulgarie;  rupture  avec  la  Russie  (1883).  —  La  révolution  de  1885  :
union  de  la  Bulgarie  et  de  la  Roumélie  orientale.  —  Le  blocus
pacifique  de  la  Grèce  (1886).  —  La  guerre  eutre  la  Serbie  et  la
Bulgarie.  —  Enlèvement  du  prince  Alexandre  de  Bulgarie  (août
1886);  son  abdication.  —  Ferdinand  de  Saxe-Cobourg  élu  prince
de  Bulgarie  (juillet  1887).

I.  —  La  conférence  de  Londres  (1871).
Le  29  octobre  1870,  au  moment  où  tombait  Metz,  où  l’attention ­
  de  l’Europe  était  toute  au  terrible  drame  de  la
guerre  franco-allemande,  le  chancelier  russe  Gortchakof
adressait  à  tous  les  cabinets  des  grandes  puissances  une
circulaire  des  plus  nettes  :  le  gouvernement  du  tsar  y  déclarait ­
  annuler  de  sa  propre  autorité  les  engagements  qu'il
avait  dù  prendre  au  traité  de  Paris  de  1856  :  «  Sa  Majesté
Impériale  ne  saurait  se  considérer  plus  longtemps  comme
liée  aux  obligations  de  ce  traité  en  tant  qu’elles  restreignent
ses  droits  de  souveraineté  dans  la  mer  Noire  ».  Cette
«  mauvaise  foi  »  a  été  condamnée  dans  les  termes  de  la
plus  vive  indignation.
Il  était  d’une  politique  assez  méprisable  de  profiter  des
défaites  de  la  France  pour  rompre  avec  des  engagements
solennellement  pris  devant  toute  l’Europe  :  le  chancelier
Gortchakof  voulait  sans  doute  se  montrer  capable  de  la
souplesse  et  de  l’esprit  pratique  du  comte  de  Bismarck  ;  les
scrupules  lui  paraissaient  aussi  chose  encombrante.
Aussi  bien  peut-être  ne  faut-il  pas  s’indigner.  La  politique ­
  s’accorde  mal,  affirme-t-on,  avec  la  bonne  foi.  Le
traité  de  Paris  avait  déjà  été  violé  par  l’union  des  principautés ­
  moldo-valaques  en  un  seul  État  de  Roumanie  ;  le
sultan  n’avait  pas  accompli  les  réformes  auxquelles  il  s’était
engagé.  La  Russie,  désarmée  sur  la  mer  Noire,  ne  voulait
            
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