Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LE TRAITÉ DE BERLIN. 
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zégovine, il fut décidé que, pour une période indéterminée, 
elles seraient occupées et gouvernées par l’Autriche-Hon- 
grie, qui pourrait même, quand elle le jugerait à propos, 
mettre garnison dans le district de Novi-bazar. 
L'Angleterre fit alors connaître que, le 4 juin précédent, 
par un traité secret, le sultan l’avait chargée du soin de 
défendre ses possessions d’Asie Mineure, avait promis de 
réformer, sous le contrôle anglais, l’administration de ces 
provinces, et lui avait permis d’occuper l’île de Chypre. 
Ainsi elle allait tenir la Russie en surveillance, et, par la pro 
tection officielle exercée sur le sultan, doubler son prestige 
aux yeux de ses 50 millions de sujets musulmans de l’Inde. 
C’était sa façon de maintenir l’équilibre en Orient; elle devait 
bientôt mettre la main sur l’Égypte pour y garantir l’ordre. 
Il n’y a pas jusqu’à l’Italie et à la France qui n’aient 
pensé prendre leur part de la curée. L’Italie avança de vagues 
prétentions sur l’Albanie et sur la Tripolitaine. La France 
se fit donner l’autorisation d’occuper éventuellement la 
Tunisie. L’Allemagne seule ne demanda rien pour elle, fit 
valoir auprès du sultan son désintéressement, et exerça par 
suite à Constantinople une influence qui n’a fait depuis que 
grandir. 
Parmi toutes ces âpres convoitises des grandes puis 
sances, les petits États chrétiens des Balkans n’obtinrent pas 
toutes les satisfactions qu’ils espéraient. 
La Grèce réclamait, au nom de la communauté de race, 
la Crète, l’Épire, la Thessalie, une partie de la Macédoine, 
au moins la Chalcidique. La Russie, protectrice encore des 
Slaves, était mal disposée pour elle. Cependant, sur les 
vives instances de la France, ses vœux furent pris en consi 
dération ; elle fut autorisée à négocier directement avec la 
Porte sur une rectification de frontières, le long d’une ligne 
approximativement marquée par le Kalamas et la Selem- 
bria. Les puissances promirent leur médiation entre les 
parties, si elles ne parvenaient pas à s’entendre. La Crète 
fut laissée au sultan, qui s’engagea à y faire observer le 
firman de 1868, à en préciser les termes au besoin. 
Le Monténégro ne reçut pas tous les territoires que lui 
avait promis le traité de San Stefano; il eut en Herzégovine 
les districts de Niksitch et de Piva, et sur l’Adriatique les 
deux ports d’Antivari et Dulcigno. 
La Serbie eut avec Nisch le district bulgare de Pirot, 
c’est-à-dire à peu près toute la vallée de la Nischawa.
	        
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