Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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LA GUERRE DES BALKANS. 
Sobranié, dont les membres furent pour les trois quarts 
élus au suffrage universel, pour un quart nommés par le 
prince. Le 29 avril 1879, le Sobranié élut prince de Bulgarie, 
Alexandre de Battenberg, un parent du tsar. Les milices 
bulgares furent organisées dans des cadres d’officiers russes. 
Le gouvernement russe pensa bien conserver le protectorat 
du nouvel État. 
Mais les Bulgares supportèrent mal cette sujétion. Il se 
forma parmi eux et au Sobranié un parti national hostile 
à l’influence russe ; le prince de Battenberg fut obligé, sous 
peine de déchéance, de se mettre à sa tête. Des querelles 
de plus en plus violentes éclatèrent entre Russes et Bul 
gares. Les deux officiers russes, Sobolef et Kaulbars, que 
le prince avait appelés au ministère, démissionnèrent le 19 
septembre 1883, et Kaulbars quitta furieux la salle des 
séances du Sobranié en criant à la majorité : « Cochons! 
Canailles! Menteurs! » Les Bulgares lui répondirent par des 
hourrahs frénétiques. C’était la rupture déjà avec la Russie. 
Cependant la Roumélie orientale s’organisait aussi, en 
principauté autonome, sous le contrôle d’une commission 
européenne. Elle eut une milice nationale, une assemblée 
provinciale élue, un gouverneur chrétien nommé par le 
sultan avec le consentement des puissances. Le premier fut 
Aleko-pacha, prince Vogoridès. Il fut remplacé bientôt par 
Gavril-pacha. Les Bulgares de la Roumélie voulaient 
l’union avec la Bulgarie. C’était pour eux le moyen d’échap 
per tout à fait à la domination ottomane. Un ardent 
patriote, Stranski, prit la tête de ce mouvement qui gagna 
bientôt, car il était irrésistible et fatal, la plus grande partir 
du pays. 
Le 18 septembre 1885, une révolution éclata à Philip- 
popoli. Elle fut absolument pacifique, ne coûta pas une 
goutte de sang. Gavril-pacha fut arrêté et renvoyé sous 
escorte à Constantinople. Un gouvernement provisoire, 
sous la présidence de Stranski, nomma Alexandre de Bat 
tenberg gouverneur de la Roumélie. Celui-ci, sous la pres 
sion du parti national, malgré l’opposition de la Russie, 
accepta, vint à Philippopoli, y fut reçu en triomphe, prit le 
titre de « prince des deux Bulgaries ». 
Les grandes puissances protestèrent contre cette viola 
tion du traité de Berlin, violatio»^ grave en effet ; car ainsi 
l’empire ottoman perdait la ligne défensive des Balkans 
qu’elles avaient voulu lui laisser. Mais comme la Bulgarie
	        
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