Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES  AFFAIRES  DE  CRÊTE.

271

Cependant,  à  la  frontière  de  Thessalie,  les  troupes  turques
et  grecques  sont  en  présence.  Les  hostilités  sont  imminentes.
Les  puissances  essayent  deles  arrêter:  elles  retiennent  les
États  slaves  qui  mobilisent  leurs  armées  ;  elles  déclarent
que,  si  la  guerre  éclate,  l’agresseur  en  aucun  cas  n’en
pourra  tirer  aucun  profit  ;  elles  essaient  d’établir  une  zone
neutre  entre  les  armées  grecque  et  turque  pour  éviter  toute
surprise;  elles  s’entendent  pour  organiser  le  blocus  du
Pirée  et  de  Volo.  M.  Gambon  s’efforce  de  faire  comprendre
au  ministre  de  Grèce  à  Constantinople  que  la  Grèce  sera
vaincue  et  que  le  coup  ainsi  porté  à  l’hellénisme  sera  peutêtre
  irréparable.
Mais  il  n’est  plus  possible  au  roi  Georges  de  céder;  les
Grecs  ne  le  lui  pardonneraient  pas  ;  il  lui  faut  faire  la  guerre
aux  Turcs  au  risque  d’un  désastre,  pour  sauver  son  trône.
Il  s’abandonna  aux  événements.
Le  10  avril,  des  bandes  grecques  franchissent  la  frontière,
occupent  les  villages  de  Val  tinos  et  de  Krania  dont  elles
chassent  les  garnisons  ;  d’autres  débarquent  sur  les  côtes
de  la  Thrace,  et  tentent  de  faire  sauter  la  voie  ferrée  de
Dédé-Agatch  à  Salonique  pour  couper  les  communications
de  l’armée  turque  avec  Constantinople.  Le  gouvernement
ottoman,  après  avoir  dûment  constaté  que  ces  bandes  sont
commandées  par  des  officiers  grecs  et  presque  entièrement
composées  de  soldats  réguliers,  donne  à  Edhem-pacha
l’ordre  de  prendre  l’offensive,  envoie  ses  passe-ports  au
ministre  de  Grèce  à  Constantinople,  le  prince  Mavrocordato.
La  guerre  est  déclarée.  L’Allemagne  prend  sous  sa  protection
les  sujets  ottomans  en  Grèce.  La  France  accepte  et  partage
avec  la  Russie  et  l’Angleterre  le  soin  de  protéger  les  nombreux ­
  sujets  grecs  de  l’empire  ottoman.  Les  puissances
renoncent  à  leur  projet  de  bloquer  Volo  et  le  Pirée;  elles
rentrent  dans  la  neutralité  la  plus  complète  ;  elles  ne  cherchent ­
  plus  qu’à  empêcher  la  guerre  de  s’étendre,  attendant
l’occasion  d’interposer  leur  médiation.
Les  Serbes  et  les  Bulgares  étaient  disposés  à  ne  pas
créer  d’autres  difficultés  au  sultan  et  à  la  diplomatie  européenne, ­
  mais  ils  voulaient  la  récompense  de  leur  sagesse  et
pressaient  leurs  gouvernements  de  profiter  des  circonstances
pour  s’assurer  des  avantages  dans  l’empire  turc.  Le  gouvernement ­
  bulgare  demanda  et  obtint  de  la  Porte  l’érection  de
trois  nouveaux  évéchés  bulgares  en  Macédoine,  à  Melnik,
Stroumitza  et  Koukouch,  et  le  droit  d’entretenir  des  agents
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.