Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

272 EN EUROPE. — ARMÉNIE. — CRÊTE. — MACÉDOINE. 
commerciaux à Bitolia (ou Monastir). Le gouvernement 
serbe, excité par cet exemple, demanda et obtint le rappet 
du métropolite grec d’Uskub, son remplacement par un 
métropolite serbe, et le droit de construire des écoles 
serbes dans toute l’étendue des vilayets de Monastir et de 
Salonique. Ces précautions prises contre un triomphe pos 
sible de l'hellénisme, Serbes et Bulgares suivirent les évé 
nements, l’arme au pied. 
Les Turcs se chargèrent eux-mêmes de rendre l’hellénisme 
inoffensif. 
La guerre gréco-turque ne dura que trois semaines. Les 
vaisseaux grecs ne profitèrent pas de la totale impuissance 
des Turcs sur mer. Les hostilités n’eurent que deux théâtres 
principaux, l'Épire et la Thessalie. En Épire, les Grecs 
bombardèrent longuement Preveza sans pouvoir s’en em 
parer; un régiment albanais de l’armée ottomane fit défec 
tion; la population du pays appela les Grecs. Tout cela jeta 
quelque désarroi dans les rangs des Turcs et la petite armée 
grecque s’avança jusqu’aux environs de Janina. Elle espéra 
y entrer, puis, se rabattant brusquement à l’est, à travers 
le Finde, tomber sur le flanc droit de l’armée turque de 
Macédoine et la forcer à la retraite ou la battre. Comme 
d’autre part l’armée grecque de Thessalie opposait à la 
frontière une très vigoureuse résistance à l’énorme masse 
des assaillants, on crut un moment les Grecs capables de 
vaincre. La Porte, inquiète, pensa rappeler Edhem-pacha 
et le remplacer par le héros de Plevna, Ghazi-Osman-pacha, 
qui en effet se rendit à Salonique. Ces espérances ou ces 
craintes furent courtes. L’armée turque de l'Épire se réor 
ganisa, reprit l’offensive, enleva aux Grecs les positions 
qu’ils avaient occupées, les rejeta à la côte, les força à 
lever le blocus de Preveza. 
Les coups décisifs furent rapidement frappés en Thessalie 
par Edhem-pacha, assisté d’un général allemand mis par 
Guillaume 11 à la disposition du sultan, Grumbkow-pacha. 
Le 24 avril, les Turcs enlevèrent, après plusieurs jours do 
rudes combats, l'importante position de Tyrnavos, qui 
couvre les cols de la frontière; ils étaient maîtres ainsi de 
la route de Larissa. Le lendemain, ils occupèrent cette ville 
'sans coup férir: les Grecs l’avaient abandonnée, non sans 
désordre et battaient en retraite dans la direction de Phar- 
sale. 
Très lentement, mais d’une méthode très sûre, le géné-
	        
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