Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA DEUXIÈME GUERRE DES BALKANS (1912-1913). 285 
grâce à une intervention diplomatique très habile de la Rus 
sie, un traité d’alliance offensive et défensive, par lequel ils 
s’engageaient ensemble à faire la guerre à la Turquie pour 
lui reprendre ses dernières provinces chrétiennes d’Europe, 
jetaient les bases du futur partage de la péninsule balka 
nique en réservant à l’arbitrage russe la solution des diffi 
cultés de détail qui pourraient se présenter, réglaient même 
les conditions d’une entente militaire contre l’Autriche, si 
l’Autriche prétendait intervenir dans les opérations qui 
allaient suivre. 
Tout ainsi préparé, au mois d’octobre 1912, avant la 
conclusion du traité italo-turc de Lausanne, à la suite de 
quelques incidents de frontières comme il y en avait sans 
cesse depuis quelques années, proclamant la volonté de 
délivrer leurs frères chrétiens de la domination des infidèles, 
les alliés balkaniques déclarèrent la guerre à la Turquie, 
et commencèrent les hostilités avec une grande vigueur. 
La guerre eut naturellement quatre théâtres principaux. 
Les premiers coups et les plus rudes furent portés par les 
Bulgares. Isolant et masquant très heureusement la forte 
place d’Andrinople, ils enfoncèrent leur attaque entre elle 
et la mer Noire, portant leur offensive droit sur Constan 
tinople ; sous le commandement du général Savof, ils rem 
portèrent d’éclatantes victoires à Kirk-Kilissé, à Lulé- 
Bourgas : il parut un moment qu’ils allaient franchir en 
quelques étapes le chemin de Constantinople et entrer 
triomphalement dans Sainte-Sophie. 
Ailleurs leurs alliés remportaient des succès semblables, 
opéraient presque complètement déjà la liquidation terri 
toriale de l’empire ottoman en Europe. Les Monténégrins 
investissaient Scutari d’Albanie après de vifs combats. Les 
Serbes, sous le commandement du général Putnik, entraient 
dans Uskub, la vieille capitale de Douchan, au milieu d’un 
enthousiasme indescriptible, battaient les Turcs à Kuma- 
novo, descendaient le Vardar, puis envahissaient l’Albanie, 
et arrivaient à Durazzo sur l’Adriatique. Les Grecs fran 
chissaient la Vistritza, le Vardar inférieur, s’emparaient de 
Salonique, y faisant prisonniers 25 000 Turcs, occupaient 
l’Épire, enveloppaient Janina. La petite flotte grecque 
prenait la plupart des îles turques de la côte d’Asie Mineure, 
sauf celles que l’Italie tenait en garantie de la paix de 
Lausanne.
	        
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