Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’EMPIRE  BYZANTIN.

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Après  les  Khalifes  Parfaits,  lorsque  les  Omméiades  eurent
fondé  à  Damas  la  monarchie  héréditaire  et  abandonné  les
pieuses  et  simples  traditions  des  premiers  successeurs  du
prophète,  le  mouvement  d’expansion  n’en  fut  pas  ralenti;
mais  il  fut  surtout  dirigé  vers  l’ouest  et  l’Afrique.  C’est  encore ­
  en  Afrique  qu’aujourd’liui  l’Islam  est  le  plus  répandu
et  surtout  le  moins  directement  menacé  par  la  conquête  européenne. ­

Les  Arabes  du  vu®  siècle  retrouvèrent  le  long  des  côtes
méridionales  de  la  Méditerranée  les  traces  des  Phéniciens  ;
ils  se  fondirent  aisément  avec  les  Berbères,  Sémites  comme
eux,  et  ils  purent  ainsi  pénétrer  très  vite  jusqu’au  lointain
Maghreb.  Ils  franchirent  les  colonnes  d’Hercule,  détruisirent
l’armée  des  Wisigoths  d’Espagne  à  Xérès  (711),  et  leur  flot
envahisseur  submergea  toute  la  péninsule  jusqu’aux  Pyrénées, ­
  déborda  par-dessus  les  montagnes  sur  l’Aquitaine  et
la  vallée  de  la  Garonne.
Le  danger  était  grand,  surtout  pour  l’empire  byzantin  :
affaibli  comme  il  était,  de  quel  obstacle  pouvait-il  être  à
une  pareille  marée  ?  Il  trouva  pourtant  les  princes  qu’il  fallait ­
  à  cette  œuvre  de  salut.  Avant  même  que  Charles
Martel  ne  mît  une  borne  à  l’invasion  arabe  dans  l’Occident,
l’empereur  Léon  Flsaurien  l’arrêta  en  Orient  :  les  Arabes
étaient  devant  Constantinople;  ils  la  bloquaient  par  terre
et  par  mer  ;  Léon  leur  infligea  sous  les  murs  de  la  ville  une
série  de  défaites  sanglantes  et  les  obligea  à  une  retraite
honteuse  (août  717).
Comme  si,  au  premier  échec,  ces  empires  de  l’Orient
étaient  entraînés  à  la  débâcle  par  le  fatalisme  même  qui
les  avait  accrus,  les  victoires  de  Charles  Martel  et  de  Léon
risaurien  furent  pour  l’empire  arabe  le  signal  d’une  décadence ­
  aussi  rapide  que  l’avait  été  sa  grandeur.  Il  se  démembra ­
  dès  l’avènement  de  la  nouvelle  dynastie  des  Abbassides
  (750).  Les  Omméiades  continuèrent  de  régner  en
Espagne,  à  Cordoue.  Bientôt  les  Fatimites  se  rendirent  indépendants ­
  au  Caire  ;  ils  furent  les  maîtres  de  l’Égypte  jusqu’à ­
  la  fin  du  XII®  siècle.
Les  khalifes  abbassides  à  Bagdad  oublièrent  dans  le  luxe
et  la  mollesse  des  harems  les  devoirs  du  gouvernement  et
de  la  religion.  Faute  de  loi  de  succession,  chaque  avènement ­
  fut  troublé  d’intrigues  et  de  meurtres  ;  empoisonnements, ­
  trahisons,  fratricides  sont  de  règle  courante  en  pareille ­
  occasion.  Les  souverains  les  mieux  établis  s’illustrent
            
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