Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

302

EN  ASIE.  —  ANGLAIS  ET  RUSSES.

partie  de  ses  provinces  maritimes,  l’Arrakan  et  le  Merghi,
et  établissait  un  résident  anglais  dans  la  ville  sainte  d’Ava.
Elle  prétendait  aussi  ouvrir  l’empire  chinois  à  son  commerce. ­
  Le  Bengale  est  fertile  en  opium,  dont  le  principal
débouché  est  en  Chine.  En  1840,  l’empereur  de  Pékin,  pour
éloigner  l’influence  étrangère  et  aussi  dans  l’intérêt  de  ses
sujets,  défendit  l'importation  de  l’opium.  Le  gouvernement
anglais  envoya  contre  lui  une  petite  armée  de  15.000  hommes, ­
  sous  le  commandement  de  sir  George  Elliot.  Ils  débarquèrent ­
  aux  îles  Chusan,  bloquèrent  la  rivière  de  Canton,
et  forcèrent  les  Chinois  à  permettre  l’importation  de  l’opium, ­
  à  céder  l’île  de  Hong-Kong,  à  payer  une  indemnité
de  guerre  de  30  millions.  L’empereur  refusa  de  ratifler  cette
convention.  Les  troupes  anglaises  reprirent  les  hostilités,
occupèrent  Shang-Haï,  Ning-Po,  Amoy,  Canton,  parurent
devant  Nanking.  L’empereur  signa  le  traité  de  Nanking
(1842),  accepta  la  convention  de  Canton,  paya  une  indemnité ­
  de  105  millions,  et  ouvrit  aux  marchands  anglais  les
cinq  ports  de  Shang-Haï,  Ning-po,  Fou-Tcheou,  Amoy,
Canton.  L’Angleterre  allait-elle  donc  exploiter  seule  les
énormes  ressources  de  la  Chine  et  les  entasser  sur  celles  de
l’Inde  ?  H  n’était  pas  à  prévoir  du  moins  qu’elle  y  rencontrât ­
  de  longtemps  de  sérieuses  concurrences.
Cependant  la  Russie  faisait  alors  dans  l’Asie  occidentale
les  premiers  pas  de  la  course  qui  devait  la  conduire  en  présence ­
  des  Anglais.  Pierre-le-Grand  en  avait  tracé  la  direction ­
  et  marqué  le  but.  Il  avait  signé  avec  la  Chine  le  traité
de  Kerbéchi  et  créé  à  la  frontière  sibérienne  le  poste  commercial ­
  de  Kiakhta,  à  l’entrée  delà  Mongolie.  11  avait  entretenu ­
  des  négociations  avec  le  chef  turcoman  Khodja-Néfès,
dans  la  pensée  de  rétablir  l’ancien  lit  de  l’Amou-Daria  vers
la  mer  Caspienne.  H  avait  même  envoyé  dans  le  Turkestan
6.000  hommes,  commandés  par  le  prince  Bokovitch,  pour
tenter  d’ouvrir  la  route  de  l’Inde  ;  l’expédition  avait  été
malheureuse  :  trahie  par  les  Kirghiz,  la  petite  armée  s’était
égarée  et  avait  été  presque  tout  entière  engloutie  dans  les
sables.
Ailleurs  enfin  le  tsar  Pierre  avait  enlevé  à  la  Perse  Derbent
  et  Bakou,  au  nord  et  au  sud  du  Caucase,  sur  la  mer
Caspienne.  H  avait  fallu  ensuite  les  restituer.
Catherine  II,  dont  le  règne  est  caractérisé  par  les  plus
considérables  efforts  que  la  Russie  ait  jamais  faits  vers
l’ouest,  ne  négligea  pas  pourtant  les  indications  précédentes
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.