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EN ASIE. — ANGLAIS ET RUSSES.
partie de ses provinces maritimes, l’Arrakan et le Merghi,
et établissait un résident anglais dans la ville sainte d’Ava.
Elle prétendait aussi ouvrir l’empire chinois à son commerce.
Le Bengale est fertile en opium, dont le principal
débouché est en Chine. En 1840, l’empereur de Pékin, pour
éloigner l’influence étrangère et aussi dans l’intérêt de ses
sujets, défendit l'importation de l’opium. Le gouvernement
anglais envoya contre lui une petite armée de 15.000 hommes,
sous le commandement de sir George Elliot. Ils débarquèrent
aux îles Chusan, bloquèrent la rivière de Canton,
et forcèrent les Chinois à permettre l’importation de l’opium,
à céder l’île de Hong-Kong, à payer une indemnité
de guerre de 30 millions. L’empereur refusa de ratifler cette
convention. Les troupes anglaises reprirent les hostilités,
occupèrent Shang-Haï, Ning-Po, Amoy, Canton, parurent
devant Nanking. L’empereur signa le traité de Nanking
(1842), accepta la convention de Canton, paya une indemnité
de 105 millions, et ouvrit aux marchands anglais les
cinq ports de Shang-Haï, Ning-po, Fou-Tcheou, Amoy,
Canton. L’Angleterre allait-elle donc exploiter seule les
énormes ressources de la Chine et les entasser sur celles de
l’Inde ? H n’était pas à prévoir du moins qu’elle y rencontrât
de longtemps de sérieuses concurrences.
Cependant la Russie faisait alors dans l’Asie occidentale
les premiers pas de la course qui devait la conduire en présence
des Anglais. Pierre-le-Grand en avait tracé la direction
et marqué le but. Il avait signé avec la Chine le traité
de Kerbéchi et créé à la frontière sibérienne le poste commercial
de Kiakhta, à l’entrée delà Mongolie. 11 avait entretenu
des négociations avec le chef turcoman Khodja-Néfès,
dans la pensée de rétablir l’ancien lit de l’Amou-Daria vers
la mer Caspienne. H avait même envoyé dans le Turkestan
6.000 hommes, commandés par le prince Bokovitch, pour
tenter d’ouvrir la route de l’Inde ; l’expédition avait été
malheureuse : trahie par les Kirghiz, la petite armée s’était
égarée et avait été presque tout entière engloutie dans les
sables.
Ailleurs enfin le tsar Pierre avait enlevé à la Perse Derbent
et Bakou, au nord et au sud du Caucase, sur la mer
Caspienne. H avait fallu ensuite les restituer.
Catherine II, dont le règne est caractérisé par les plus
considérables efforts que la Russie ait jamais faits vers
l’ouest, ne négligea pas pourtant les indications précédentes