Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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EN  ASIE.  —  ANGLAIS  ET  RUSSES.

tres  fuient  par  les  sentiers,  tombent  pour  la  plupart  aux
mains  des  ennemis.
Le  lendemain  matin,  après  une  nuit  effroyable,  Akhbar
paraît,  exige  qu’on  lui  livre  le  général  et  les  principaux
officiers  en  échange  du  libre  passage.  Elphinstone  est  enchaîné ­
  ;  l’armée  se  remet  en  marche.  A  la  passe  de  DjagJalak,
  la  route  est  encore  barrée,  les  hauteurs  gardées  ;  le
massacre  recommence,  jusqu’à  l’extermination  à  peu  près
complète.  Six  hommes  s’échappèrent,  dont  cinq  furent  tués
les  jours  suivants  dans  la  montagne.  Un  seul,  le  docteur
Brydon,  arriva  à  Djalalabad,  où  il  fit  connaître  le  désastre. ­

Les  Anglais  se  vengèrent.  Une  nouvelle  armée  reconquit
l’Afghanistan,  vainquit  Akhbar,  prit  Kaboul,  rasa  les  principales ­
  forteresses  du  pays.  Mais  Shah-Shoudja  avait  été
égorgé  par  les  révoltés.  Dost-Mohammed  rentra  à  Kaboul  ;
les  Anglais  renoncèrent  à  l’occupation  de  l’Afghanistan,  et
se  contentèrent  de  la  promesse  que  leur  fit  le  khan  de  Kaboul ­
  de  ne  pas  se  soumettre  à  l'influence  russe.  Dost-Mohammed ­
  fut  fidèle  à  sa  parole,  et  signa  même  avec  le  gouverneur-général ­
  sir  John  Lawrence,  en  1855,  un  traité
d’amitié,  les  contractants  se  garantissant  l’intégrité  réciproque ­
  de  leurs  territoires.  Si  les  traités  étaient  toujours
respectés,  cette  clause  eût  suffi  à  tranquilliser  les  Anglais  à
l’égard  des  entreprises  de  la  Russie.  Pour  plus  de  sûreté,
ils  avaient  établi  leur  domination  en  1843  sur  la  plupart  des
tribus  du  Béloutchistan,  afin  de  pouvoir  tourner  l’Afghanistan ­
  par  le  sud,  en  prenant  à  revers  les  défilés  de  Kaboul. ­
  Etait-ce  suffisant  ?  Et  n’ont-ils  pas  perdu  alors  l’occasion ­
  de  contenir  les  Russes  par  une  solide  organisation
du  pays?
C’est  que  leur  expansion  dans  ce  sens,  et  même  les  mesures ­
  de  précautions  qu’ils  y  prenaient  ne  pouvaient  être
assurées  que  s’ils  occupaient  le  Sind,  le  Pendjab,  c’est-àdire
  toute  la  vallée  de  l’Indus.  Ils  s’y  résolurent  au  lendemain ­
  du  désastre  de  1842.  Ils  commencèrent  par  le  Sind,  ou
le  bassin  inférieur  du  fleuve.  En  1843,  lord  Ellenborough  y
envoya  sir  Charles  Napier  avec  une  armée,  pour  exiger  de
populations  des  tributs  énormes,  l’abandon  de  l’exploit,
tion  de  leurs  forêts,  la  reconnaissance  d’un  chef  désigi.<
par  le  gouverneur  anglais.  Elles  repoussèrent  ces  somma
tions,  s’armèrent,  furent  battues  à  Miani  et  Dubba  ;  le  Sind
fut  annexé  aux  domaines  de  la  grande  Compagnie,  Les  vain-
            
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