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LA GRISE DE 1840-1860. 307
queurs se partagèrent les 12.500.000 francs formant le
butin, dont 1.500.000 revinrent au général.
Remontant le fleuve, les Anglais attaquèrent le Pendjab.
La conquête en était plus tentante ; le pays est très peuplé,
très riche, s’étend jusqu’aux défilés des Solimans, à la porte
de l’Afghanistan. Les circonstances étaient favorables.
Après quelques années de grande puissance, pendant les
quelles le gouvernement britannique n’avait pas songé à
intervenir, les tribus des Seykhs étaient livrées à l’anar
chie. Elles avaient formé quelque temps, en effet, une forte
confédération religieuse et militaire, sous l’autorité du
fameux maharajah Runjeet-Singh, « le vieux Lion du Pend
jab ». Avec l’aide d’officiers européens, et surtout du géné
ral Allard, ancien aide de camp du maréchal Brune, il avait
formé une solide armée de 70.000 hommes, bien disciplinés,
munis de 400 canons. Les Anglais, pendant toute sa vie,
respectèrent son empire. Il mourut en 1839, et la puissance
des Seykhs s’affaiblit aussitôt.
Son fils Kourrouk-Singh, d’esprit faible, fut tué par les
siens au bout de quelques mois. Son petit-fils, Néo-Néal,
fut écrasé par une poutre pendant la cérémonie des funé
railles de son père. Il ne resta de la descendance de Runjeet
qu’un enfant de six ans, Dhulpi-Singh. L’armée des Seykhs
se dissout en bandes de pillards, qui franchirent maintes
fois le Sutledje, et infestèrent les territoires anglais voisins.
Le gouverneur-général, lord Hardinge, écrasa ces bandes
en de furieux combats, les rejeta dans leur pays, et, sans
annexer encore le Pendjab, établit à Lahore un résident bri
tannique, le colonel Lawrence, assisté de 10.000 soldats
(1844).
Deux ans après, une insurrection éclata. Un chef de
Moultan, destitué par le gouvernement anglais, appela les
Seykhs à la guerre de l’indépendance, et eut bientôt une
bonne armée autour de lui. Lord Gough fut chargé de la
répression, avec 25.000 hommes. Il battit les Seykhs à
Chillianwalla (décembre 1848), prit Moultan, écrasa les
dernières troupes ennemies à Gouljrat (février 1849), et le
nouveau gouverneur-général, lord Dalhousie, prononça
l’annexion du Pendjab : les principaux chefs furent empri
sonnés ; le jeune maharajah fut interné à Patna.
A peine les Anglais achevaient-ils ainsi la conquête de
toute la péninsule de l’Hindoustan, dans ses frontières
naturelles, que leur domination y fut compromise par la ter?