Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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BYZAIÍCE  ET  STAMBOUL.

boulevards  nécessaires  à  sa  sécurité  éphémère.  Le  despotat
  d’Epire  restait  indépendant,  de  même  le  duché  d’Athènes ­
  sous  une  dynastie  florentine.  Les  Vénitiens  possédaient
la  plupart  des  îles  de  l'Archipel,  la  Crète,  des  quartiers
fortifiés  à  Constantinople  et  dans  quelques  autres  villes
grecques.  Les  Génois  étaient  retranchés  dans  Calata  et
Péra,  tenaient  le  commerce  de  la  mer  Noire  et  les  ports
de  la  Crimée,  Kaifa  surtout.
L’Empire  présentait  comme  des  brèches  sur  toutes  ses
frontières.  Troublé  d’ailleurs  au  dedans  par  les  dissensions, ­
  parles  révolutions  de  palais  dont  il  avait  toujours
souffert,  notamment  par  l’usurpation  de  Cantacuzène,  il
était  bien  incapable  d’opposer  à  une  invasion  quelque  peu
redoutable  une  résistance  sérieuse.  Il  était  une  proie.
Mais  il  restait  douteux  si  cette  proie  serait  aux  nations
chrétiennes  du  voisinage,  ou  aux  Musulmans  de  l’Asie
antérieure.  Cela  même  est  jusqu’au  xix'  siècle  le  tout  de  la
question  d’Orient.
Charles  d’Anjou,  le  frère  de  saint  Louis,  appelé  à  Naples ­
  par  le  pape  contre  les  Hohenstaufen,  nourrit  le  grand
dessein  de  refaire  l’empire  latin  de  Constantinople.  Les
Vêpres  Siciliennes  le  retinrent  (1282).  Un  de  ses  descendants, ­
  devenu  par  mariage  roi  de  Hongrie,  fut  l’héritier  de
ce  dessein  :  Louis  le  Grand,  puissant  dans  la  plaine  du
Danube  moyen  de  1342  à  1382,  étendit  sa  suzeraineté  sur
la  Bosnie,  la  Serbie,  la  Valachie,  la  Moldavie,  jusqu’à  la
mer  Noire  ;  il  parut  disposer  ainsi  d’une  base  solide  pour
reprendre  les  projets  de  son  aïeul.  Mais  la  Hongrie  est  bien
loin  de  Constantinople  pour  y  agir  efficacement  ;  les  Slaves
diffèrent  trop  des  Magyars  pour  consentir  à  leur  domination. ­
  Après  Louis  le  Grand,  la  Hongrie  commença  d’être
entraînée  dans  la  vie  politique  de  l’Allemagne.
La  Serbie  avait  été  plus  près  de  refaire  l’empire  d’Orieni
d’éléments  jeunes  et  vivaces.  Elle  eut  de  1331  à  1355  un
souverain  fort  et  ambitieux,  l’illustre  Stéphane  Douchan.
Il  soumit  la  Bulgarie  ;  il  porta  les  frontières  de  la  Grande
Serbie  jusqu’à  la  Chalcidique,  jusqu’à  l’embouchure  de  la
Maritza;  il  se  fit  couronner  à  Uskub  empereur  de  Serbie  et
de  Romanic;  il  se  donna  pour  le  vrai  successeur  des
empereurs  romains  ;  il  prépara  une  grande  expédition  contre ­
  Constantinople,  dont  il  voulait  faire  sa  capitale.
Il  mourut  subitement  le  20  décembre  1355,  et  la  Grande
Serbie  ne  lui  survécut  pas.  Les  Serbes  d’aujourd’hui  en
            
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