Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

374 EN AFRIQUE. — LA QUESTION DU NIL ET DU NIGER. 
jient enveloppée par les entreprises européennes. Depuis 
ia mort du Mahdi, l’action des Derviches a perdu sa vigueur. 
Vers l’est, Osman-Digma fit encore quelques tentatives sur 
Souakim, en 1888 ; il fut repoussé, et les Anglais réoccu 
pèrent Tokar, à quelque distance de la côte ; en 1889, il se 
jeta sur Ouady-Alfa ; il fut battu le 3 août à Toski par le 
général Grenfeld. La même année, Stanley délivra, un peu 
malgré lui, Emin-pacha, gouverneur égyptien de la pro 
vince de l’Équateur, resté enfermé dans le pays de Lado. 
Le Soudan retomba alors pour quelque temps dans le 
silence, sauf quelques contacts entre les Musulmans et les 
Européens, Belges ou Français, le long de l’Oubanghi. 
Puis le mahdisme tomba en décadence : il ne faisait d’ail 
leurs que cacher sous des apparences religieuses les intérêts 
des marchands d’esclaves. Son ardeur s’éteignit ; il fut peu 
à peu resserré, traqué par les approches des chrétiens ; il 
tomba en dissolution ; il ne trouva même pas dans l’immi 
nence du danger suprême un vigoureux accès de désespoir. 
11 s’enferma dans la région de Khartoum et attendit le coup 
mortel que lui portèrent les Anglais. 
Les Anglais en effet se fortifiaient en Égypte. Le régime 
du contrôle anglo-français fut aboli dès le lendemain de 
l’occupation, et remplacé par une sorte de protectorat 
exclusif du gouvernement anglais, que représente un rési 
dent général. Sir Eveling Baring, devenu lord Cromer. Les 
ministres de la reine déclarèrent longtemps en propres termes 
que l’occupation de l’Égypte n’était que provisoire, qu’elle 
cesserait quand l’ordre y serait assuré dans l’administration 
et dans les finances, quand la sécurité y serait absolue pour 
les intérêts des Européens en général. 
Par suite, la condition politique de l’Égypte ne fut pas 
définitivement réglée. Le 22 mai 1887, une convention fut 
signée à Constantinople entre l’Angleterre et la Porte. Elle 
établissait la neutralité du canal de Suez, l’inviolabilité du 
territoire égyptien. Les troupes anglaises devaient quitter 
l’Égypte au bout de trois ans ; mais si à ce moment il y 
existait encore quelque danger intérieur, l’occupation 
pourrait être prolongée ; ou si, après le départ des troupes 
britanniques, quelque danger y reparaissait, l’Angleterre 
pourrait les y renvoyer. Les grandes puissances seraient 
invitées à adhérer à cette convention ; si une seule d’entre 
elles s’y refusait dans le délai de trois années, l’occupation 
anglaise continuerait.
	        
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