Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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CONCLUSION.

l’autre  ue  jeta  de  profondes  racines  dans  le  sol  conquis  :
très  méprisants  et  très  cruels  pour  les  vaincus,  incapables
d’organisation  politique,  d’aménagement  économique,  habiles ­
  seulement  dans  la  guerre  et  le  pillage,  nés,  dirait-on,
pour  le  mal,  et  condamnés  par  là  à  disparaître  devant  le
progrès  de  la  civilisation,  ils  laissèrent  les  races  soumises
vivre  dans  leurs  anciens  cadres  administratifs,  avec  leurs
vieilles  croyances  ;  ils  rasèrent  les  richesses  de  la  terre,  et,
pour  suffire  à  leurs  besoins  de  luxe  et  de  plaisirs,  ils  les
épuisèrent  toutes  :  l’herbe  ne  pousse  plus  sous  leurs  pas.
Ils  ne  fondèrent  rien;  ils  firent  partout  la  ruine  ;  le  bénéfice
de  leur  apparition  dans  l’histoire  est  nul  ;  ils  font  une
épaisse  tache  d’ombre  dans  le  développement  historique  de
l’humanité.
C’est  pourquoi  leur  grandeur  fut  éphémère,  et,  dès  le
commencement  du  xviii*  siècle,  leur  décadence  fut  manifeste ­
  à  tous  les  yeux,  et  les  puissances  européennes  s’approchèrent ­
  pour  le  partage  de  leurs  dépouilles.
En  Asie,  les  Anglais  vainquirent  successivement  les  Français, ­
  les  Mongols,  les  Mahrattes,  enfonçant  ainsi  leur  domination ­
  jusqu’aux  races  indigènes.  Ont-ils  mieux  que  les
Mongols  absorbé  les  Hindous  ?  Ont-ils  réussi  mieux  qu’eux
à  gagner  l’âme  des  vaincus?  Ont-ils  fondé  une  nation  viable, ­
  et  non  pas  seulement  une  colonie  d’exploitation  ?—  Les
Russes  attaquèrent  le  berceau  même  des  races  turques,
devinrent  maîtres  de  la  Sibérie,  du  bassin  de  l’Amour,  du
Turkestan,  et,  quoique  la  conquête  soit  encore  toute  récente,
qu’elle  ait  été  très  laborieuse,  il  y  a  déjà  fusion  avec  les
vaincus,  qui,  admirateurs  de  la  force,  avides  encore  de  gloire
militaire,  se  rangent  avec  enthousiasme  derrière  les  étendards ­
  du  grand  tsar  blanc,  pour  les  porter  encore  en  d’héroïques ­
  chevauchées.
En  Afrique,  la  France  continua  la  grande  croisade  où
l’Espagne  était  devenue  impuissante.  Comme  la  Russie  par
le  nord,  elle  enveloppa  les  empires  musulmans  par  le  sud.
Maîtresse  de  l'Algérie,  puis  de  la  Tunisie,  elle  les  prit  à
revers  sur  le  Niger,  sur  le  Congo,  dans  la  direction  du  Nil
supérieur,  et  puissante  malgré  les  évènements  en  Égypte,
toujours  grandement  estimée  et  aimée  dans  tout  le  Levant,
elle  pénétra  dans  les  parties  vives  du  monde  de  ITslam.  —
Mais  l’Angleterre,  pour  garder  l’Inde,  avait  besoin  des
routes  qui  y  mènent,  et  voulait  régner  sur  tous  les  pays
intermédiaires.  Elle  contint  la  France  au  sud  en  Afrique,
            
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