Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

PROGRES  DE  L’AUTRICHE.

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les  meilleures  positioijs  commerciales  ou  stratégiques,
précurseurs  en  cela  des  Anglais,  attaquèrent  la  Morée
pour  remplacer  la  Crète  qu’ils  avaient  perdue  quelques
années  auparavant  ;  Thomas  Morosini  en  enleva  l’une  après
l’autre  les  principales  forteresses.  11  prit  Athènes  en  1687.
11  y  avait  une  poudrière  dans  le  Parthenon  ;  les  boulets
vénitiens  firent  sauter  la  poudrière  et  le  temple.  Ils
conquirent  encore  la  plus  grande  partie  de  la  côte  de  la
Dalmatie.
Pierre  le  Grand  entra  aussi  dès  ce  moment  dans  la  question ­
  d’Orient,  comprit  qu’il  ne  fallait  pas  laisser  l’Autriche
la  régler  seule,  entendit  l’appel  des  Slaves  orthodoxes,
émit  déjà  la  prétention  de  protéger  les  intérêts  des  chrétiens
grecs  dans  la  Palestine,  contre  la  prépondérance  des  religieux ­
  latins  protégés  par  la  France,  et,  pour  pouvoir  suivre
cette  politique  nouvelle  de  plus  près,  descendit  vers  la  mer
Noire.  Il  marcha  contre  Azov,  échoua  en  1695,  prit  la  ville
l’année  suivante.
Mais  le  sultan  avait  été  assez  vaincu  :  il  demanda  à
traiter.  Comme  la  succession  d’Espagne  allait  s’ouvrir,
l’empereur  consentit  à  des  négociations.  Elles  furent  rapidement ­
  conduites  et  aboutirent,  le  26  Janvier  1699,  au
traité  de  Carlowitz.
L’Autriche  obtint  toute  la  Hongrie  et  la  Transylvanie,
moins  le  banat  de  Temesvar,  compris  entre  la  Theiss  inférieure ­
  et  les  monts  Bihar.  Elle  rendit  Belgrade.  Elle  promit
de  conserver  à  Bude  le  tombeau  d’un  religieux  musulman,
Gui-Baba,  «  le  père  des  roses  »,  et  il  est  resté  pour  les
Turcs  un  lieu  de  pèlerinage.  Les  Hongrois  l’entretiennent
toujours  en  témoignage  de  leurs  sympathies  turques.  Venise
eut  la  Morée  et  la  Dalmatie.  Pierre  le  Grand  garda  Azov.
C’était  le  premier  recul  des  Ottomans;  leur  empire,  même
en  Europe,  était  entamé  sur  trois  points.
L’Autriche  organisa  fortement  sa  conquête.  Les  Hongrois
étaient  mal  disposés  à  supporter  sa  domination,  et  Léopold  I"
crut  les  réduire  par  la  violence  ;  il  ordonna  contre  les  chefs
de  leur  nationalité  de  terribles  persécutions  et  tint  à
Eperies  de  sanglantes  assises.  H  força  la  diète  de  1687  à
reconnaître  la  souveraineté  héréditaire  des  Habsbourg,  à
renoncer  à  ses  privilèges  d’élections.  Il  ne  fit  que  surexciter
l’esprit  d’indépendance  des  Hongrois,  et  François  Rakoczi,
de  1703  à  1705,  souleva  un  moment  contre  l’empereur  tout
le  royaume.  Léopold  I®^  mourut  en  1705.  Son  fils  Joseph  I""
            
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