fullscreen: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

bi LA QUESTION D’ORIENT AU XVIII' SIÈCLE. 
des Tartaresàfuir à Constantinople, pris Akkermann, Kilia, 
Ismaïl. Roumiantzof avait remporté la victoire de Kagoul 
(1771). L’Autriche intervint, prétendit imposer sa médiation 
entre les belligérants, déclara qu’elle ne permettrait pas le 
passage du Danube par les armées russes, signa un traité 
d’alliance avec le sultan. La tsarine ne paraissait pas vouloir 
céder; la guerre était imminente. 
Frédéric II l’empêcha par une énergique action diploma 
tique à Pétersbourg. Catherine II n’était pas sans redouter 
les conséquences d’une guerre avec l’Autriche, à plus forte 
raison avec l’Autriche et la Prusse ; elle se montra bientôt 
plus traitable. Le roi de Prusse lui offrit de prendre en 
Pologne le paiement de ses victoires : ses agrandissements 
n’y éveilleraient pas les inquiétudes de l’Autriche qui 
s’agrandirait d’autant ; la Prusse participerait à cet accord, 
selon le principe éminemment juste de l’égalité des parts. 
Tout le monde obtiendrait satisfaction sans complications 
hasardeuses. Catherine II adopta cette manière de voir : 
elle ne pouvait faire autrement. L’orage, un moment 
menaçant sur le Danube, s’éloigna et retomba sur la mal 
heureuse Pologne : « J’ai fait l’office de capucin, disait 
Frédéric II; j’ai éteint les flammes. » — « Au nom de la 
très sainte Trinité, la Prusse, l’Autriche et la Russie com 
munièrent d’un même corps eucharistique », comme disait 
encore le roi de Prusse, c’est-à-dire, en des termes moins 
mystiques, qu’ils opérèrent un premier démembrement de 
la Pologne (15 janvier 1772). 
La question turque se régla par suite plus aisément. Des 
négociations s’ouvrirent d’abord à Focsani ; elles n’abouti 
rent pas. Le comte Grégoire Orlof, qui y représentait la 
tsarine, retourna bientôt à Saint-Pétersbourg ; car ses fonc 
tions auprès de Catherine II l’obligeaient à la résidence, et 
il craignait d’être remplacé dans « l’appartement ». D’autres 
pourparlers furent échangés ensuite à Rucharest. Les hos 
tilités se ralentirent. Les Russes éprouvèrent même quel 
ques échecs. Enfin Roumiantzof passa le Danube, fut vain 
queur à Bazardjik, bloqua le grand vizir dans Choumla. Le 
21 juillet 1774, les Ottomans signèrent le traité de Koutchouk- 
Kaïnardji. 
La Russie obtint peu d’avantages territoriaux: Azov, 
Kertch, lénikalé, Kinburn. Elle fit proclamer l’indépen 
dance de la Grimée ; elle obtint le droit de libre navigation 
sur la mer Noire. Ces avantages furent même compensés
	        
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