PROGRÈS DES RUSSES.
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surtout aux vrais intérêts de la Suède et inquiet pour elle
du sort de la Pologne, conduisit une armée en Finlande et
marcha sur Pétersbourg. Il ne fut arrêté que par l’opposition
des nobles suédois habilement entretenue par la tsarine,
et signa la paix de Warelœ.
Frédéric le Grand était mort. Son neveu Frédéric-Guillaume
II continuait tant bien que mal sa politique. Le premier
ministre prussien, le baron de Herzberg, s’inspirant des
événements de 1772, pensa tirer des complications orientales
une nouvelle occasion d’agrandissement pour son
pays. Il fit aux belligérants les propositions suivantes : la
Russie prendrait Otcbakof et la Bessarabie jusqu’au Pruth,
mais céderait une partie de la Finlande à la Suède; l’Autriche
prendrait la Moldavie et la Valachie, mais rendrait
la G alicie à la Pologne; moyennant quoi, la Suède et la
Pologne donneraient à la Prusse une partie de la Poméranie,
Thorn et Danzig ou les embouchures de la Yistule. Les
négociations que ce plan suscita furent très lentes, puis
rompues par d’autres complications.
La Révolution française prenait des proportions considérables.
D’émeute en émeute, l’autorité de Louis XVI
s'écroulait, et de nouveaux principes étaient proclamés
dont le caractère général inquiétait la sécurité des autres
souverains. Joseph II mourut le 10 février 1790. Son frère
Léopold II était plus prudent; il redoutait, comme leur mère,
l’ambition russe; il se préoccupait de la situation de la Belgique
et surtout des graves événements qui se déroulaient
en France. Il se rapprocha de la Prusse au congrès de Reichenbach
(1790), et, accentuant bientôt sa défection à
l’égard de la Russie, il signa avec les Turcs l’armistice de
Giurgewo dès le 19 septembre 1790, et traita définitivement
avec le sultan à Sistova (30 décembre 1791), Il rendit Belgrade,
ne garda que le Vieil-Orsova et le petit district de
rUnna.
Catherine II, tout en protestant vigoureusement de sa
.aine contre les Jacobins de France, de sa bonne volonté à
envoyer contre eux ses meilleures troupes, n’eùt pas été
fâchée, en attendant, d’achever ses desseins sur le Danube.
Elle continua, quelques mois encore, les hostilités : Souvarof
avait pris Kilia, Ismaïl, où il avait fait massacrer
presque toute la population, brisé les régiments turcs à la
bataille de Focsani. Une autre armée russe occupa Anapa,
au pied du Caucase, sur la mer Noire. Mais la tsarine s’ef-