Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES APPROCHES. 
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échange de ce service, il leur faisait payer des subsides en 
argent ; selon les besoins, il augmentait la force de la gar 
nison et en même temps recevait une plus forte indemnité 
pécuniaire. Plus habile que Dupleix, il faisait à la fois les 
affaires de l’Angleterre et des actionnaires de la Com 
pagnie. 
Ainsi le Nizam perdit en 1800 les territoires que l’année 
précédente il avait obtenus du partage du Mysore ; dans 
ceux qu’il garda, il reçut une « force subsidiaire ». Le 
royaume de l’Aoude fut démembré: il perdit, par le traité 
de Lu know (1801), Gorakhpour à l’est, Allahabad au sud, 
au confluent du Gange et de la Djemma, Faroukhabad, 
Shahdjahanpour, Bareilly et le Rohilkhand à l’ouest. Il se 
trouva ainsi complètement entouré par les possessions an 
glaises et acculé à l’Himalaya. Les Anglais pouvaient 
attendre : sa soumission n’était plus qu’une affaire de temps. 
Mais l’empire anglais se trouvait toujours partagé en trois 
tronçons : le Bengale, Bombay et la côte de Coromandel. 
Le centre du triangle formé par ces trois points était 
occ^-’i par les États des Mahrattes. Quoique divisés entre 
plusieurs souverains, ils étaient redoutables. Les Mahrattes 
avaient avec eux un grand nombre de Français, habiles 
organisateurs d’armées, vaillants soldats sur les champs de 
bataille. Ils avaient été les principaux représentants de la 
réaction hindoue contre la domination musulmane et contre 
les envahisseurs afghans et persans; ils y avaient subi des 
échecs ; mais il n’était pas assuré qu’ils ne tenteraient pas 
encore de refaire l’unité de l’Inde à leur profit. Les Anglais 
n’étaient pas disposés à leur en laisser le loisir. 
Wellesley, sous divers prétextes ou même sans prétexte, 
leur fit une guerre continuelle et les décima peu à peu. En 
1802, le Peshva de Pouna, voisin de Bombay, accepta le 
protectorat anglais sur toutes ses terres, étendues le long 
de la mer d’Oman, de Surate à Goa. Le nabab de Surate fut 
détrôné. Maîtres déjà de la côte de Malabar, les Anglais 
tenaient ainsi tous les rivages occidentaux du Dekkan. 
De 1802 à 1805 fut conduite la première grande guerre 
mahratte. Arthur Wellesley, parti de Bombay, parcourut 
tout le pays jusqu’à la Djemma, renversant devant lui tous 
les obstacles. Le général Lake, parti d’Allahabad, occupa 
Agra; le 11 septembre 1802, il livra bataille, sous les murs 
de Delhi, aux Mahrattes assistés de plusieurs corps de 
troupes françaises ; il fut vainqueur. 11 remporta encore la 
E. Driault. — Question d’Orient. 
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